Ahmadinejad à Ryad pour tenter de régler les crises régionales

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est arrivé samedi à Ryad pour des entretiens avec le roi Abdallah destinés à apaiser les tensions dans la région.

(afp) M. Ahmadinejad, qui fait sa deuxième visite dans le royaume, a été accueilli par le roi Abdallah sur une base aérienne de la capitale saoudienne, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Leurs discussions devraient porter sur la violence confessionnelle en Irak, la crise politique au Liban et le programme nucléaire controversé de Téhéran.

Avant de quitter Téhéran, le président ultraconservateur a affirmé qu'il discuterait avec le roi saoudien "du travail (à mener) en commun dans le monde islamique et la région".

Les deux dirigeants s'étaient rencontrés pour la dernière fois brièvement en marge d'un sommet islamique à La Mecque en décembre 2005.

Selon une source diplomatique iranienne, la visite de M. Ahmadinejad durera quelques heures et il sera de retour à Téhéran samedi soir. Malgré un dialogue continu, les relations entre les deux puissances régionales restent tendues, le royaume saoudien, berceau du rite sunnite, s'inquiétant de l'influence grandissante de l'Iran chiite au Proche-Orient, notamment en Irak et au Liban.

Ryad et Téhéran souhaitent coordonner leurs positions avant la tenue le 10 mars de la conférence internationale de Bagdad convoquée par le gouvernement irakien pour tenter de ramener la paix dans le pays, selon Anwar Eshki, directeur d'un centre de recherches privé, à Djeddah, en Arabie saoudite.

L'Iran a accru son influence en Irak, désormais dirigé par des chiites, et au Liban avec le Hezbollah, alors que l'Arabie saoudite est l'un des principaux bailleurs de fonds du Liban et a des liens étroits avec le gouvernement libanais du sunnite Fouad Siniora, soutenu par les Occidentaux.

La vie politique au Liban est paralysée depuis la démission en novembre 2006 de six ministres pro-syriens. Le Hezbollah et ses alliés ont lancé dans la foulée un mouvement de protestation contre le gouvernement antisyrien, faisant craindre des heurts entre sunnites et chiites à l'image des violences en Irak.

Selon les commentateurs saoudiens, la visite M. Ahmadinejad témoigne de la volonté des deux pays de déployer des efforts pour apaiser les crises régionales au moment où Téhéran est sous forte pression occidentale au sujet de ses ambitions nucléaires et où Ryad est soucieuse d'éviter toute confrontation militaire entre les Etats-Unis et l'Iran.

La rencontre pourrait "déboucher sur une initiative commune" pour débloquer la situation au Liban et sur "une entente mutuelle devant apaiser le conflit en Irak", selon l'analyste saoudien Anwar Eshki. Pour Bandar al-Aiban, chef de la commission des Affaires étrangères de l'assemblée consultative saoudienne, la visite de M. Ahmadinejad montre que l'Iran veut l'aide de Ryad pour mettre un terme à l'épreuve de force au sujet du programme nucléaire "ambigu" de Téhéran, que Washington considère comme une couverture pour fabriquer une bombe nucléaire malgré les démentis iraniens.

Selon le quotidien saoudien Al-Riyadh, un "demi-succès" du sommet saoudo-iranien "serait meilleur que la poursuite des crises. Le roi Abdallah et le président iranien ont toutes les chances de réussir s'ils y mettent toute leur volonté".

Son confrère Okaz appelle l'Iran "à devenir un facteur de stabilité et de paix (...)", alors que le journal Saudi Gazette écrit que la visite de M. Ahmadinejad "en cette période sombre pour notre région donne de l'espoir".

Pour M. Eshki, Ryad, un allié clé de Washington au Proche-Orient, n'a pas de solution toute faite pour résoudre la crise nucléaire iranienne, mais il peut contribuer à prévenir cette escalade en encourageant le dialogue entre l'Iran et les Etats-Unis.

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