Allemagne: la colère monte avant des négociations sur les salaires

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Grèves à répétition, défilés quasi quotidiens: les fonctionnaires allemands affichent leur détermination après la victoire des sidérurgistes, qui ont obtenu la plus forte hausse de salaire depuis quinze ans, et à la veille de nouvelles négociations cruciales.

FRANCFORT (AFP) - Grèves à répétition, défilés quasi quotidiens: les fonctionnaires allemands affichent leur détermination après la victoire des sidérurgistes, qui ont obtenu la plus forte hausse de salaire depuis quinze ans, et à la veille de nouvelles négociations cruciales.

Dès lundi, les salariés du secteur public retrouveront les employeurs pour une nouvelle réunion jugée décisive à Potsdam (est).
Le syndicat Verdi, qui réclame 8% de plus sur la fiche de paie de 1,3 million de fonctionnaires de l'Etat et des communes, a fait monter la pression en organisant une série d'arrêts de travail.

Verdi a déjà menacé de grèves dures dans le secteur public si les employeurs maintenaient leur proposition de 5% de hausse sur deux ans en échange d'un allongement du temps de travail de 38,5 à 40 heures par semaine.

Mardi, le secteur de la chimie sera sous les feux de l'actualité, avec une première prise de contact entre partenaires sociaux. Les syndicats veulent une augmentation de 6,5 à 7% des traitements.

Les syndicats ont décidé de placer la barre plus haut cette année pour la série de négociations de branche qui vont concerner tour à tour un total de 8,4 millions de personnes.

Beaucoup d'Allemands considèrent désormais légitime de recueillir les fruits de la croissance, après avoir vu leurs salaires stagner, voire reculer, depuis plusieurs années.

"Les syndicats se contentaient d'exiger 4 ou 5% les années précédentes, mais ils sont remontés parce que la situation économique est meilleure, les entreprises en très bonne santé", estime Richard Dribbusch, chercheur à la fondation Hans-Böckler, proche des syndicats.
"Les salariés allemands demandent une partie des gains de trois dernières années", renchérissent Matt Cairns et Katrin Robeck, économistes de Moody's.

Ils ne peuvent qu'être encouragés par le premier accord salarial signé en 2008: les 85.000 sidérurgistes du nord-ouest du pays seront augmentés de 5,2% sur treize mois et toucheront une prime de 200 euros en février.

Un accord jugé adapté pour une branche en plein boom et qui pourrait avoir valeur de symbole. "Cela joue sur les perceptions de l'opinion publique et sur les attentes des salariés", analyse Richard Dribbusch.

"Mais cela ne veut pas dire qu'il aura des conséquences concrètes sur les autres négociations", tempère-t-il.

L'accord "est trop petit pour inquiéter" sur la rentabilité des entreprises ou encore pour nourrir des tensions inflationnistes, puisqu'il ne concerne que 0,2% des salariés allemands, note Martin Lueck, économiste chez UBS. Mais "il envoie des signaux forts" pour les autres secteurs, y compris la fonction publique.

Ce sont en effet les salariés des hôpitaux, des crèches, des caisses d'épargne, des transports ou du ramassage des ordures qui ont fait la une ces derniers jours, en multipliant les journées de grève et les manifestations dans tout le pays.

"Leurs salaires ont baissé ces dernières années", défend M. Dribbusch. En valeur réelle, ils ont ainsi reculé de 1,1% en 2005, de 1,3% en 2006 et de 1,5% l'an passé, selon les chiffres de la fondation Hans-Böckler.

Mais "il est difficile (pour les salariés du public) de justifier des salaires plus élevés alors que leur productivité stagne", estiment les économistes de Moody's.

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