Berlusconi pourrait revenir sans majorité franche

4330

Les Italiens se rendent aux urnes dimanche et lundi pour des législatives qui pourraient offrir une revanche au chef de file de la droite Silvio Berlusconi mais sa majorité pourrait se révéler insuffisante pour gouverner. Le milliardaire milanais qui ambitionne pour la troisième fois à 71 ans de devenir Premier ministre est le favori des sondages qui donnent 6 à 7 points d'avance à son parti du Peuple de la liberté (PDL) sur le Parti démocrate (PD, centre-gauche) de son adversaire Walter Veltroni.

(AFP) - Les Italiens se rendent aux urnes dimanche et lundi pour des législatives qui pourraient offrir une revanche au chef de file de la droite Silvio Berlusconi mais sa majorité pourrait se révéler insuffisante pour gouverner.

Le milliardaire milanais qui ambitionne pour la troisième fois à 71 ans de devenir Premier ministre est le favori des sondages qui donnent 6 à 7 points d'avance à son parti du Peuple de la liberté (PDL) sur le Parti démocrate (PD, centre-gauche) de son adversaire Walter Veltroni.

Mais 15 des 47 millions d'électeurs se disaient encore indécis quelques jours avant le scrutin et l'écart a eu constamment tendance à se resserrer durant la campagne si bien que M. Veltroni, 52 ans, s'est pris à rêver qu'une victoire était possible.

Pendant son dernier meeting électoral, le chef du PD qui est aussi maire sortant de Rome a galvanisé vendredi soir plusieurs dizaines de milliers de ses partisans rassemblés dans la capitale italienne en appelant l'Italie à "tourner la page et à regarder vers l'avenir".

Silvio Berlusconi a utilisé pour sa part les dernières heures de la campagne pour essayer de séduire les indécis en promettant de supprimer la vignette automobile, une réduction de taxe qui bénéficierait à tous les automobilistes. En 2006, il avait promis à la dernière minute d'abolir la taxe foncière sur la résidence principale, un engagement encore inscrit cette fois-ci dans son programme.

L'essentiel de l'enjeu du scrutin se concentre sur les élections au Sénat ou une prime au vainqueur est assignée sur une base régionale et non pas nationale comme à la Chambre des députés.

Les deux grands partis risquent dans une poignée de régions d'être privés de cette prime au profit de leur adversaire si les plus petites formations font un bon score.

Dans un tel cas de "pareggio" (match nul) la Chambre pourrait aller à Silvio Berlusconi et le Sénat lui échapper au profit de Walter Veltroni et de la gauche "arc-en-ciel" (communistes et verts) privant ainsi le pays d'une majorité de gouvernement.

C'est une telle hypothèse qu'espère Pier Franco Casini, leader du petit parti UDC, qui aimerait se poser en arbitre entre les deux grands blocs. Cet ancien allié de Silvio Berlusconi qui se réclame d'un vote centriste et catholique n'est crédité que de 5 à 7% dans les sondages mais il a terminé vendredi sa campagne en se disant prêt à gouverner en cas de "pareggio".

Sentant le danger, Silvio Berlusconi a multiplié les appels au "vote utile" demandant aux électeurs de ne pas disperser leur vote sur les petites formations.

"Pour pouvoir véritablement gouverner, j'ai besoin d'une large majorité qui me permettra, si besoin est, de prendre des décisions difficiles et impopulaires", a déclaré cette semaine M. Berlusconi qui vise une "marge d'au moins une vingtaine de sénateurs".

"Je pense que je réussirai à les avoir" a-t-il affirmé.

Par rapport aux élections de 2006 qui l'avait vu perdre de seulement 24.000 voix au Sénat contre Romano Prodi, le leader populiste a fait moins de promesses et paru un peu assagi durant cette campagne électorale considérée comme l'une des plus ennuyeuses depuis des années et au cours de laquelle les thèmes de fond, économiques et sociaux, n'ont pas été évoqués.

Il aura notamment manqué un grand débat télévisé entre Silvio Berlusconi et Walter Veltroni qui aurait permis aux Italiens de les voir face-à-face, a souligné la presse italienne.

Le groupe de médias télévisés Sky a d'ailleurs fait paraître samedi dans plusieurs journaux une page entière de publicité dénonçant "une grande occasion perdue pour l'information de tous les citoyens" et promettant de lutter "pour la liberté de l'information" en Italie.

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés