Bombardements de la banlieue sud de Beyrouth, surenchère de menaces

L'aviation israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah chiite, alors que les belligérants se sont lancés dans une surenchère verbale, le parti chiite menaçant de frapper Tel-Aviv.

Entretemps, les Etats-Unis ont affirmé qu'une résolution du Conseil de sécurité sur le Liban était une question de "jours" et ont demandé à leurs diplomates de travailler tout le week-end si aucun accord n'était trouvé d'ici à vendredi. Pour la seconde nuit consécutive, des quartiers de la banlieue sud de la capitale libanaise ont été pilonnés. Dans la nuit de jeudi à vendredi, deux missiles ont été tirés sur les quartiers de Roueiss et Haret-Hreik, selon la police. Les quartiers de Haret-Hreik et Bir al-Abed, où se trouvait le quartier général du Hezbollah et qui constituaient le "carré de sécurité" de la formation chiite, ont été pilonnés pendant deux semaines au début de l'offensive israélienne déclenchée le 12 juillet contre le Liban et sont en ruine. Des bombardements violents ont aussi visé vendredi avant l'aube le quartier d'Ouzaï, proche de l'aéroport à l'entrée sud de la capitale.

L'Etat hébreu a menacé d'étendre ses bombardements à de nouveaux quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, y compris dans des secteurs jusque-là épargnés, et des tracts ont été largués jeudi par des avions conseillant à la population de fuir. Intervenant sur des télévisions libanaises, le chef du mouvement chiite Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé jeudi soir: "Si vous bombardez notre capitale, nous bombarderons la capitale de votre entité agressive", Tel Aviv. Un haut responsable militaire a aussitôt affirmé qu'Israël anéantirait toutes les infrastructures du Liban si Tel-Aviv était touchée par une attaque de roquettes du Hezbollah. De violents combats ont opposé le Hezbollah à l'armée israélienne qui a perdu quatre soldats au 23e jour de l'offensive, déclenchée après la capture de deux soldats israéliens par le Hezbollah, et qui a fait déjà plus de 900 morts au Liban et des milliers de blessées, selon des sources officielles. Toute la journée, les combats étaient intenses au Liban sud, où l'armée israélienne a déployé 10.000 hommes.

De violents combats ont lieu avec le Hezbollah pour le contrôle d'une zone frontalière de 6 à 8 km de profondeur d'où Israël cherche à chasser les combattants chiites qui continuent de tirer des roquettes sur le nord de son territoire. Des dizaines de raids aériens ont visé également la plaine orientale de la Békaa et des objectifs dans le nord du pays, près de la frontière syrienne. L'armée israélienne a reçu l'ordre de se tenir prête pour une éventuelle prise de contrôle du Liban sud jusqu'au fleuve libanais Litani, situé de 5 à 30 km de la frontière israélienne. "L'objectif est de neutraliser les secteurs à partir desquels sont tirées (sur Israël) les roquettes de courte portée", a indiqué une porte-parole militaire israélienne. Jeudi, le Hezbollah a annoncé la mort de quatre de ses combattants. Au total, 48 de ses membres sont morts depuis le début de l'offensive. Le Hezbollah a tiré plus de 200 roquettes jeudi sur le nord d'Israël et le plateau syrien occupé du Golan. Cette nouvelle salve a fait huit morts en Israël. Au total, 27 civils ont péri dans le nord du pays, touché par plus de 2.000 roquettes depuis le début de l'offensive. En outre, quatre soldats ont été tués jeudi dans des combats au Liban sud, portant à 41 le nombre de militaires israéliens tués depuis le début du conflit.

L'ex-ministre iranien de l'Intérieur Ali Akbar Mohtachémi-Pour, qui a participé à la création du Hezbollah, a affirmé que cette formation disposait de missiles Zelzal-2 pouvant frapper partout en Israël. Ce missile est fabriqué en Iran, selon la revue spécialisée dans la défense Jane's. L'Iran dément apporter un soutien financier et militaire au Hezbollah. Les dirigeants israéliens affirment qu'il leur faut encore plusieurs jours pour atteindre leur objectif, le ministre de la Justice Haïm Ramon évoquant les alentours du 12 août pour la fin de l'offensive. Dans des interviews publiées jeudi dans les quotidiens britanniques The Times et The Financial Times, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a indiqué que son pays voulait qu'une force internationale de 15.000 hommes soit déployée dans le sud du Liban avant de mettre fin aux combats avec le Hezbollah. Le mouvement chiite a exclu tout cessez-le-feu avec Israël tant que ce pays n'aura pas retiré tous ses soldats du territoire libanais. Au niveau diplomatique, un sommet restreint de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) réuni en Malaisie a appelé l'Onu à agir vite en faveur d'un cessez-le-feu "immédiat" et à l'ouverture d'une enquête sur les "actes criminels" d'Israël.

A New-York, les discussions sur les termes d'une résolution du Conseil de sécurité sur le Liban se poursuivaient jeudi entre les Etats-Unis et la France et pourraient se prolonger au-delà de la fin de semaine, selon des sources diplomatiques à l'Onu. Interrogée sur la chaîne de télévision américaine CNN, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a assuré qu'une telle résolution était une question de "jours". "Nous sommes très proches" d'un accord. Nous travaillons maintenant sur une résolution du Conseil de sécurité et nous avons l'espoir qu'elle passe. Je pense que c'est certainement une question de jours", a dit Mme Rice. "Nous souhaitons beaucoup voir cesser ce conflit, aussi avons-nous besoin d'en finir avec les hostilités mais d'une manière qui favorise une paix durable", a-t-elle ajouté.

(photo: belga)

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