Boris Eltsine tire sa révérence

"L'ancien président russe Boris Eltsine est décédé aujourd'hui", a déclaré un porte-parole du Kremlin. Il n'a pu préciser dans l'immédiat les causes du décès. Selon des sources médicales citées par l'agence Interfax, sa mort est due à un brusque arrêt cardiaque.

(afp) M. Eltsine, qui souffrait de problèmes cardiaques, avait été le premier président de la Russie post-soviétique. Il est le prédécesseur du président actuel, Vladimir Poutine, qu'il avait désigné comme son dauphin.

Boris Eltsine, décédé lundi à l'âge de 76 ans, restera dans l'Histoire comme l'homme qui a chassé les communistes du pouvoir en août 1991 et placé la Russie sur la voie des réformes avant de céder la place, malade et impopulaire, à son "poulain" Vladimir Poutine.

Né le 1er février 1931, Boris Eltsine grandit dans une famille paysanne de Boutka, près d'Ekaterinburg (ex-Sverdlovsk, Oural). Ingénieur, il commence sa carrière politique à 37 ans, en devenant le chef du PC local.

En 1981, son destin s'accélère avec sa nomination au Comité central du PCUS. Remarqué par Mikhaïl Gorbatchev, il devient en 1985 premier secrétaire du PC de Moscou. Mais les relations entre les deux hommes se dégradent et Eltsine, évincé du Politburo et de ses fonctions ministérielles, est contraint à une traversée du désert (1987-1989).

Il réussit un retour spectaculaire en se faisant élire en 1989 député de Moscou au Congrès soviétique, puis député de Sverdlovsk au Parlement de la fédération de Russie en 1990. Il prend alors la tête du mouvement démocratique face à Mikhail Gorbatchev, accroché à l'empire soviétique.

Sa popularité ne fait que grimper lorsque, président du Parlement de Russie, il claque la porte du PCUS lors de son 28e et dernier Congrès, en 1990. En juin 1991, il remporte la présidentielle avec 57,38% des voix.

Deux mois après être devenu le premier président de la Fédération de Russie, sa gloire atteint son apogée lors du putsch raté d'août 1991, où il apparaît comme le sauveur de la démocratie.

Mais l'assaut contre le parlement conservateur à l'automne 93, puis la répression brutale de l'indépendantisme tchétchène ternissent l'image du président, dont les capacités à diriger sont en outre régulièrement mises en doute, en raison d'un penchant pour l'alcool et de fréquents ennuis de santé.

Il réussit à se faire réélire en juillet 1996 à la tête du pays mais doit subir peu après un quintuple pontage coronarien.

La crise financière de l'été 98 achève de discréditer Boris Eltsine qui démissionne avant la fin de son mandat à la surprise générale le 31 décembre 1999.

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