Bush, grand absent du débat des candidats républicains, qui préfèrent Reagan

Les candidats à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2008 se sont soigneusement démarqués du président George W. Bush, préférant se placer sous les mânes de Ronald Reagan.

(afp) Les dix hommes espérant être choisis par les Républicains ont encensé le "grand communicateur" Reagan devant sa veuve Nancy, dans la bibliothèque dédiée à Simi Valley (Californie, ouest) à l'ancien président aujourd'hui considéré comme le symbole d'une Amérique victorieuse de la Guerre froide.En revanche, le nom de George W. Bush, pourtant de leur camp, n'a été mentionné qu'à une seule reprise en 90 minutes, avant que les candidats ne soient invités à expliquer en quoi ils seraient différents du président actuel.

Selon des analystes, les favoris, l'ancien maire de New York Rudolph Giuliani, le sénateur de l'Arizona (sud-ouest) John McCain et l'ancien gouverneur du Massachusetts (nord-est) Mitt Romney essaient d'éviter d'être identifiés à M. Bush, dont la cote de popularité reste au plus bas.Ces "trois grands" n'ont en revanche pas été avares de compliments posthumes envers Reagan, président de 1980 à 1988 et idolâtré par le noyau dur des Républicains.

L'ancien acteur de Hollywood et gouverneur de Californie est réputé avoir rendu aux Etats-Unis leur fierté après le fiasco vietnamien.Selon une transcription du débat, le nom de Reagan, mort en 2004 à l'âge de 93 ans, a été mentionné à 19 reprises par MM. McCain, Giuliani et Romney lors de ces échanges retransmis en direct à une heure de grande écoute sur une chaîne d'informations."Ce que nous pouvons emprunter à Reagan, c'est le formidable sens de l'optimisme dont il faisait preuve", a affirmé M. Giuliani. "Il a dirigé (les Etats-Unis) en mettant leurs atouts en valeur, pas en les dépréciant", a poursuivi l'ancien édile de New York, surnommé "le maire de l'Amérique" lors des attentats du 11-Septembre.

De son côté, le héros du Vietnam John McCain a assuré qu'il suivrait l'exemple de Reagan en limitant les dépenses publiques."Ronald Reagan avait l'habitude de dire que nous dépensions de l'argent comme un marin en bordée", a dit le sénateur. "Je n'ai jamais rencontré de marin, qu'il soit saoûl ou à jeun, qui ait l'imagination (dépensière) du Congrès", a-t-il poursuivi en filant la métaphore.Pour sa part, M. Romney a chanté les louanges de Reagan, un "président fort", et salué la "philosophie de la puissance" de ce dernier, célèbre pour ses "reaganomics", conception ultra-libérale de l'économie.D'autres candidats à la candidature ont également tenté de s'arroger l'héritage de Reagan.L'ancien gouverneur du Wisconsin (nord) Tommy Thomson, qui semble avoir peu de chances de s'imposer, a insisté sur la capacité légendaire de Reagan à unir les gens autour de lui.

"Il faut que le (futur) président soit capable de sortir du rang, de s'exprimer et d'unir. La grande force de Reagan était de savoir unir", a-t-il rappelé, écouté par l'actuel gouverneur californien Arnold Schwarzenegger, lui aussi thuriféraire de Reagan.La prudence des candidats vis-à-vis du président Bush n'est toutefois pas allée jusqu'à le critiquer. "Je pense que nous sommes des personnes uniques. Nous avons nos propres valeurs. Je respecte la personnalité du président, sa passion, son amour pour ce pays", a indiqué M. Romney.Interrogé par l'AFP sur la question des rapports de son candidat avec M. Bush, et particulièrement comment il pourrait se différencier du président en exercice sans paraître déloyal, un proche de M. Giuliani a botté en touche: "le maire Giuliani soutiendra des idées qu'il pense vraies", a déclaré Bill Simon, son conseiller politique.

Photo Belga

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