Chaussures chinoises: deuxième rejet des mesures antidumping de Bruxelles

Une majorité des Etats membres de l'UE a rejeté pour la deuxième fois les mesures antidumping proposées par la Commission européenne sur les importations de chaussures importées de Chine et du Vietnam, a indiqué vendredi un porte-parole de l'exécutif européen.

(afp) Après le rejet du système de droits différés par les "amis de la chaussure" (Européens du sud) qui le trouvait trop accommodant, la nouvelle proposition d'une taxe "ad valorem" (sur le prix à l'import) sur les chaussures à dessus de cuir chinoises et vietnamiennes a été rejetée par "les libéraux du Nord", a expliqué Peter Power, porte-parole du commissaire au Commerce Peter Mandelson. "Les mesures antidumping sont une question très sensible et les Etats membres sont divisés", a-t-il ajouté, en estimant qu'il n'y avait pas de garantie que la Commission puisse trouver un terrain d'entente entre les camps opposés. Selon une source européenne, 14 Etats membres ont rejeté le mécanisme qui prévoyait d'imposer pour cinq ans un tarif ad valorem de 16,5 % sur les chaussures chinoises et de 10% sur celles fabriquées au Vietnam. L'avis du comité consultatif antidumping, où sont représentés les 25 Etats membres, ne contraint pas la Commission mais donne une indication des positions au sein du conseil des ministres.

Le système dit de droits différés accordait à la Chine et au Vietnam des contingents d'importation de 114 millions et 95 millions de paires respectivement, avec des pénalités douanières plus élevées au delà de ces seuils. Légalement, la Commission européenne est tenue de faire une proposition au conseil et le collège des commissaires devrait se prononcer au plus tard le 6 septembre, selon la même source. Un nouveau mécanisme antidumping doit entrer en vigueur au plus tard le 7 octobre, pour remplacer les mesures provisoires prises en avril. Bruxelles applique, à titre temporaire, des pénalités antidumping de 19,4% sur les chaussures chinoises et de 16,8% pour celles d'origine vietnamienne, à la suite d'une enquête qui avait mis en évidence "un niveau préoccupant d'intervention de l'Etat dans le secteur de la chaussure de cuir en Chine et au Vietnam", selon la Commission. Ce cas ne concerne que les chaussures à dessus cuir, à l'exception des chaussures de sport, soit moins du dixième des modèles vendus dans l'Union européenne. En 2005, la Chine a exporté 1,2 milliard de paires vers l'UE, 145 millions étant visées par les mesures antidumping provisoires, et le Vietnam 265 millions, dont 80 millions affectées par l'antidumping. Après ce nouveau rejet, la Foreign Trade Association, qui représente les grands importateurs et distributeurs européens, estime que "M. Mandelson doit maintenant admettre que ces mesures protectionnistes ne sont pas bienvenues". "J'espère qu'il va entendre raison et finalement abandonner ce cas inutile", a commenté Jan Eggert, son secrétaire général.

(photo: belga)

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés