Chirac retrouve Merkel à Meseberg pour parler Airbus, Moyen-Orient et UE

Le président français Jacques Chirac a retrouvé vendredi la chancelière allemande Angela Merkel au château de Meseberg, près de Berlin, pour un sommet informel qui doit évoquer "Power8", le plan de restructuration de l'avionneur européen Airbus.

(afp) M. Chirac a rejoint vers 11H35 (10H35 GMT) la chancelière, vêtue d'un long manteau noir, qui était sortie pour aller à sa rencontre au bas du perron de ce château baroque du XVIIIe siècle située au bord du lac Huwenow. Le président l'a embrassée et ils sont ensuite aussitôt entrés dans le château. La chancelière lui a fait les honneurs de cette nouvelle résidence officielle du gouvernement allemand, avant de lui montrer au balcon le paysage embrumé du Brandebourg.

Cette rencontre devrait être la dernière dans le cadre informel dit de "Blaesheim" pour le président Jacques Chirac, après douze ans passés à l'Elysée.

Toute l'attention est concentrée sur ce que doivent dire les deux dirigeants sur l'avenir d'Airbus, même si Angela Merkel a réitéré jeudi soir à Hambourg (nord) qu'aucune décision n'interviendrait à Meseberg, une décision d'entreprise qui revient au groupe aéronautique et de défense EADS, maison-mère d'Airbus.

Un porte-parole d'EADS a précisé que sa décision sur le plan "Power8" interviendrait d'ici à la publication de ses résultats annuels le 9 mars.

Une grande inquiétude teintée d'irritations s'est faite jour des deux côtés du Rhin sur les futures fermetures d'usines et suppressions d'emploi, avec le soupçon côté allemand que les sites allemands pourraient être désavantagés.

Les deux dirigeants devraient rappeler la nécessité d'un partage équilibré des sacrifices que nécessitent la restructuration ainsi que des sites technologiques pourvoyeurs d'emplois entre les deux pays.

M. Chirac et Mme Merkel devraient notamment rappeler la performance qu'a constitué ce projet industriel au plan européen, selon la presse allemande.

La présidence française a fait savoir jeudi que Jacques Chirac souhaitait régler "rapidement" la crise d'Airbus "dans un esprit de partenariat, de partage équitable des efforts et avec le souci de l'emploi".

Au sein de la délégation française, on se montrait optimiste sur ce sommet, en soulignant que les deux dirigeants avaient à coeur de calmer les émotions autour du dossier Airbus.

Mme Merkel et M. Chirac devraient également parler du Proche-Orient et du dossier nucléaire iranien, deux thèmes chauds de l'actualité internationale: il s'agira d'un côté de l'attitude de la communauté internationale à l'égard du futur gouvernement d'unité nationale palestinien regroupant le Fatah modéré du président Mahmoud Abbas et le Hamas radical. Mme Merkel a rencontré vendredi matin M. Abbas.

D'autre part, il s'agira de la position des principales puissances, dont l'Allemagne et la France, sur le refus de l'Iran de suspendre l'enrichissement de l'uranium, ce qui pourrait amener le Conseil de sécurité de l'Onu à renforcer ses sanctions contre Téhéran.

Par ailleurs, figurent à l'ordre du jour le Conseil européen des 8/9 mars à Bruxelles, dont le programme comporte le réchauffement climatique et l'énergie, la déclaration des dirigeants européens à l'occasion du 50e anniversaire des traités de Rome, fin mars, et l'avenir des institutions.

M. Chirac devait rappeler à Mme Merkel le souhait de la France qu'une nouvelle version du traité constitutionnel soit élaborée, en faisant valoir que les Français rejetteraient à nouveau le projet s'il leur était soumis sous la même forme. Mme Merkel insiste sur le maintien de la "substance" du traité, ratifié par l'Allemagne et 17 autres pays.

Photo EPA

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