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Chute inattendue de la confiance des investisseurs allemands

La confiance des investisseurs allemands a enregistré, en juillet, sa plus forte chute en 10 mois, selon les chiffres dévoilés mardi par l'institut ZEW.

(belga) Le décrochage surprise du baromètre ZEW, indice de confiance très suivi en Allemagne, suggère une baisse de régime dans la relance de la première économie de la zone euro sous l'impact de l'euro fort et des hausses de taux de la BCE, selon des économistes.L'indice, qui compile les attentes du secteur financier pour l'économie allemande, a chuté de 9,9 points à 10,4 points en juillet, nettement plus que prévu par les économistes, selon des chiffres publiés mardi.Les analystes interrogés par l'agence de presse Thomson Financial News tablaient dans leur consensus sur un indice à 19,8 points, après 20,3 points en juin.

Il s'agit du deuxième repli d'affilée, après six mois de progression."Les attentes conjoncturelles montrent que l'économie allemande va aborder l'année 2008 avec moins de dynamisme", a commenté le président de l'institut, Wolfgang Franz, cité dans un communiqué.Le baromètre est considéré --avec le climat des affaires Ifo-- comme un indice de confiance fiable pour jauger l'évolution de l'économie allemande dans les six mois à venir.Les raisons de la décélération sont claires : "Euro plus fort, prix du pétrole plus élevés, remontée d'impôt et hausse de taux de la BCE" (Banque centrale européenne), résume Sylvain Broyer, analyste chez IXIS-CIB.

Une analyse partagée en partie par l'institut. La force de l'euro face au dollar rend la vie plus difficile aux exportateurs allemands, note-t-il. Les incertitudes planant sur l'évolution de la conjoncture américaine pèsent aussi sur le moral.Les experts du monde financier s'inquiètent en outre pour le bâtiment, qui s'essouffle déjà après s'être redressé seulement l'an passé. Ils misent enfin sur un affaiblissement de la consommation, traditionnel talon d'achille de l'économie du pays, dans les six mois à venir, selon l'institut.

Les augmentations des taux directeurs de la BCE depuis plus d'un an et demi ont augmenté le coût du crédit, ce qui n'encourage pas à dépenser."Est-ce la fin de la relance économique ? Non ! (...) Cela ne signifie pas un retour aux années de stagnation mais simplement une normalisation du développement conjoncturel après une année 2006 exceptionellement bonne", estime Andreas Scheuerle, analyste à la DekaBank.

La croissance allemande s'est élevé à 2,8% l'an passé, sa meilleure performance depuis 2000. Le gouvernement mise sur un ralentissement à 2,3% en 2007, en partie à cause de la remontée de la Taxe sur la valeur ajoutée de 16 à 19%.Sylvain Broyer s'attend à un net ralentissement de la croissance: de 3,9% sur un an au quatrième trimestre 2006, elle devrait tomber à 2,2% sur les trois derniers mois de cette année, mais rester supérieure au potentiel de croissance.De quoi justifier selon lui de nouvelles hausses de taux de la BCE, qui devrait porter son principal taux, actuellement à 4%, jusqu'à 4,50% à la fin de 2007, "même si l'euro grimpe jusqu'à 1,40 dollar".Son confrère de Bear Stearns David Brown est plus circonspect. Etant donné le recul du climat des affaires Ifo du mois dernier, l'envolée de l'euro, une résurgence de la hausse des prix du pétrole, la BCE aurait intérêt à réfléchir un peu avant d'aller trop haut."Cela devrait être un facteur contribuant à limiter les projets de resserrement monétaire à un pic de 4,25% cette année (...)", juge-t-il.

Photo belga

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