Climat: l'UE refuse d'ouvrir son portefeuille en attendant Obama

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Les Européens se sont mis d'accord vendredi sur une position de négociation en vue du sommet sur le climat de Copenhague et le principe de l'aide aux plus pauvres, mais en refusant de mettre de l'argent sur la table, ce qui leur a valu des critiques acerbes des écologistes.

(AFP) - "L'UE a désormais une très forte position de négociation et elle doit servir de modèle pour les autres", a assuré le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt à l'issue d'un sommet sur le sujet des dirigeants européens.

"Nous pouvons désormais regarder le reste du monde droit dans les yeux", a pour sa part soutenu le président de la Commission José Manuel Barroso.

"La semaine prochaine, avec Fredrik Reinfeldt, nous nous rendons à Washington et nous allons dire à Obama: nous nous sommes prêts, travaillons ensemble", a-t-il ajouté, à propos du sommet UE/Etats-Unis de mardi.

L'UE a fixé à 100 milliards d'euros par an les besoins en financement pour aider les pays plus pauvres à faire face aux effets du réchauffement climatique entre 2013 et 2020. Une question devenue centrale dans les négociations climatiques mondiales.

Sur ce total, l'Europe évoque, sans le reprendre à son compte, le chiffre de 22 à 50 milliards d'euros par an pour le montant des financements publics nécessaires, et celui de 5 et 7 milliards d'euros par an pour amorcer la pompe de 2010 à 2013.

Mais rien n'a été décidé sur le chiffrage de la contribution européenne. L'Allemagne, la France et l'Italie ont refusé toute estimation sonnante et trébuchante. Ces pays veulent voir les autres grandes nations bouger. Et le contexte de crise budgétaire n'est pas propice aux promesses généreuses.

La présidence de l'UE veut s'atteler à un travail de conviction dans le monde.
Mais "aucun pays ne veut payer pour Copenhague", a asséné le ministre polonais chargé des Affaires européennes, Mikolaj Dowgielewicz. "Vous connaissez un Chinois qui veut payer pour Copenhague ? Il n'y a que l'UE qui veut payer", a-t-il dit.
"Nous ne devons pas sombrer dans la naïveté. Ce que nous faisons n'est pas un chèque en blanc. Nous n'agirons que si en face il y a des engagements", a assuré M. Barroso.

La chancelière allemande Angela Merkel, très prudente à Bruxelles sur le climat, a minimisé les attentes de Copenhague. "Nous sommes devenus des réalistes (...) Maintenant on parle de se mettre d'accord sur un cadre politique" seulement, a-t-elle déclaré.
L'accord interne à l'Europe conclu vendredi été laborieux, ont expliqué plusieurs délégations.

"Je suis satisfait, mais on peut toujours faire mieux", a reconnu le Premier ministre belge Herman van Rompuy, qui poussait avec d'autres pour un accord plus ambitieux.

Les Verts au Parlement européen ont dénoncé un "résultat calamiteux pour le climat", accusant les chefs d'Etat et de gouvernement de ne pas transformer leurs généreuses paroles en actes.

Ce refus de délier tout de suite les cordons de la Bourse masque de profondes divisions sur le partage de la facture de l'aide aux pays pauvres entre pays de l'Est de l'Europe et de l'Ouest. Les premiers refusent que les niveaux d'émissions de CO2 soient le critère de répartition principal, car ils polluent davantage, et demandent que la richesse compte en priorité.

Cette question a été au centre des difficiles tractations du sommet.

Les pays européens sont parvenus à trouver un compromis pour faire en sorte que les pays d'Europe de l'Est, réticents à payer, aient la possibilité de moins contribuer à l'effort au sein de l'UE que les pays plus riches à l'Ouest. Ou d'obtenir des compensations.
Toutefois, la résolution détaillée du problème a été renvoyée à plus tard. 

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