Combats meurtriers au Liban sud

De violents combats ont opposé mardi le Hezbollah aux troupes israéliennes au Liban sud, au moment où les pays arabes tentaient de convaincre le Conseil de sécurité de l'Onu d'accepter les exigences du Liban en préalable à une résolution sur un cessez-le-feu.

Espérant précipiter un arrêt de la guerre, qui fait rage depuis près d'un mois entre Israël et les combattants du Hezbollah, le Liban s'est dit prêt lundi à déployer 15.000 soldats dans les régions du sud devenues, depuis le retrait israélien de mai 2000, le fief du parti chiite.

Beyrouth réclame un retrait du Liban sud des troupes israéliennes, aussitôt après un arrêt des combats, pour pouvoir en reprendre le contrôle.

Or le projet de résolution au Conseil de sécurité de l'Onu, mis au point par la France et les Etats-Unis, ne prévoit pas de retrait israélien immédiat.

A New York, une délégation arabe dépêchée après une réunion extraordinaire de la Ligue arabe lundi à Beyrouth, devait participer mardi à un débat public au Conseil de sécurité, et essayer d'obtenir les amendements voulus par Beyrouth au projet de résolution.

Israël, dont l'armée préparait activement mardi une extension de ses opérations terrestres au Liban sud, a accueilli avec prudence la proposition de déploiement libanais.

"C'est un pas intéressant que nous devons examiner. Nous devons en vérifier tous les aspects et dans quelle mesure il est réalisable dans un temps raisonnable", a déclaré le Premier ministre Ehud Olmert.

"Plus vite nous évacuerons le sud du Liban, plus nous serons satisfaits. Mais cela ne sera possible que lorsque nos objectifs seront réalisés", a ajouté M. Olmert, appelant à l'application de la résolution 1559 de l'Onu, datant de septembre 2004, qui stipule un désarmement du Hezbollah.

Après un déluge de feu qui avait fait lundi 69 morts au Liban, de violents combats terrestres ont opposé mardi soldats israéliens et combattants du Hezbollah dans la partie ouest de la zone frontalière.

Accentuant la pression sur les habitants restés au Liban sud, ravagé par les bombardements, vidé d'une grande partie de sa population, l'aviation israélienne a largué des tracts avertissant qu'elle bombardera "tout véhicule circulant au sud du fleuve Litani", qui coule d'est en ouest à une distance variant entre 5 et 30 kilomètres de la frontière israélo-libanaise. Cette région inclut la ville portuaire de Tyr.

Les agences humanitaires de l'Onu ont totalement suspendu leurs livraisons d'aide au sud du pays après cet avertissement.

"En raison de l'insécurité il n'y aura pas de convoi aujourd'hui pour le sud", a déclaré à Genève la porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), Christiane Berthiaume.

Après un répit dans les bombardements en début de journée, deux raids de l'aviation israélienne ont fait six morts et 28 blessés dans la localité de Ghaziyeh, au sud-est de Saïda, la principale ville du Liban sud.

Les troupes israéliennes affrontaient mardi les combattants du Hezbollah notamment dans le village de Debel, près de Bint Jbeil, considéré comme une place forte du parti chiite. Selon une source militaire, "au moins 15 combattants du Hezbollah ont été tués".

Deux soldats israéliens ont été tués et cinq blessés dans les combats.

Après avoir annoncé lundi que l'offensive en cours n'avait "aucune limitation", M. Olmert doit réunir mercredi le cabinet de sécurité pour envisager une éventuelle extension des opérations terrestres au Liban sud.

Mardi, les préparatifs en vue d'une extension des opérations battaient leur plein, selon la radio militaire israélienne.

Les officiers chargé du commandement militaire nord ont rencontré les commandants de régiments en opération au Liban sud et donné leur feu vert aux plans concernant la suite des opérations, tandis que des unités régulières et de réserve continuaient à monter vers la frontière nord d'Israël, a ajouté la radio.

Israël avait lancé son offensive au Liban le 12 juilllet après la capture de deux de ses soldats par le Hezbollah, près de la frontière israélo-libanaise. Après avoir réclamé la libération des deux militaires, l'Etat hébreu avait élargi ses objectifs et affiché sa détermination à neutraliser la formation chiite.

Malgré le déploiement de 10.000 soldats au Liban sud et des bombardements destructeurs sur le pays, les combattants du Hezbollah continuent à défier la puissante armée israélienne et les combats ont dejà fait plus de mille morts au Liban, en majorité des civils.

Israël entend instaurer une zone de sécurité de 6 à 8 kilomètres au nord de la frontière et détruire les lanceurs de roquettes du Hezbollah, en attendant l'envoi d'une force internationale prévue dans le projet de résolution franco-américain à l'Onu.

Mais le parti chiite continue de tirer à partir du Liban sud des roquettes sur le nord d'Israël, où 36 civils ont été tués, alors que 63 militaires ont péri depuis le début du conflit.

Mardi encore, une soixantaine de roquettes se sont abattues sur le nord d'Israël.

Espérant influer sur le débat à l'Onu pour obtenir l'arrêt des hostilités, le gouvernement du Premier ministre libanais Fouad Siniora, qui compte deux ministres du Hezbollah, a annoncé qu'il était prêt à reprendre le contrôle du sud du pays, pour la première fois depuis près de 40 ans.

L'armée libanaise est en effet absente du Liban sud depuis la fin des années 1960, lorsque les combattants palestiniens s'y étaient installés en force.

Paris et Washington travaillent actuellement en vue de retoucher leur projet de résolution, et de prendre en compte les critiques du gouvernement libanais.

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