David Cameron rate la majorité absolue

Les Tories remportent les législatives avec 306 députés selon le résultat final, mais peut-être pas Downing street. Que feront les Libéraux-démocrates, qui ont enregistré un score décevant?

(AFP) - Les conservateurs de David Cameron ont remporté les élections législatives au Royaume-Uni pour la première fois depuis 1992, mais faute de majorité absolue, les clefs du pouvoir pourraient rester entre les mains des travaillistes de Gordon Brown par le biais d'une coalition.

Le parti conservateur a remporté les élections législatives au Royaume-Uni sans majorité absolue avec 306 députés, devant le parti travailliste (258) et les libéraux-démocrates (57), selon le résultat final officiel portant sur l'ensemble des circonscriptions à pourvoir jeudi.

Seuls 649 des 650 sièges étaient en jeu jeudi, le scrutin dans la circonscription de Thirsk and Malton (nord-est de l'Angleterre) ayant été repoussé au 27 mai après le décès d'un candidat.

306 députés conservateurs siègeront à la chambre des Communes, chambre basse du parlement de Westminster, après la victoire du parti mené par David Cameron.

Ce résultat est malgré tout insuffisant pour leur donner automatiquement le droit de constituer un gouvernement, qui nécessite une majorité absolue de 326 sièges.

Au pouvoir depuis 1997, le parti travailliste du Premier ministre Gordon Brown a obtenu 258 sièges, soit 91 de moins que lors des dernières législatives de 2005.

Le parti libéral démocrate, courtisé par les deux principaux partis désireux de conclure une coalition pour pouvoir gouverner, a décroché 57 sièges, soit cinq de moins qu'en 2005.

Le reste des sièges --28-- ont été octroyés à de petits partis, en particulier au parti écologiste, le Green Party, qui a remporté son premier siège au Parlement britannique avec la victoire du chef du mouvement, Caroline Lucas, dans la circonscription de Brighton Pavilion (sud-est de l'Angleterre).

Pas la majorité

Vainqueur en sièges et en suffrages --sa première victoire électorale depuis 1992--, le parti conservateur n'a néanmoins pas décroché la majorité absolue des 326 sièges qui lui aurait permis automatiquement de former un gouvernement.

Les conventions, en l'absence de Constitution écrite, veulent que le Premier ministre sortant, en l'occurrence Gordon Brown, tente en premier de former un gouvernement, sauf s'il estime ne pas pouvoir y parvenir et démissionne.

Le Labour, qui enregistre son pire score en termes de suffrages depuis 1983, a rapidement fait savoir dans la nuit de jeudi à vendredi qu'il allait chercher à conserver les rênes du pouvoir s'attirant les faveurs du parti libéral démocrate en vue d'une coalition.

Mais rien n'est moins sûr. Le chef du parti libéral démocrate Nick Clegg a estimé que les Tories avaient la "priorité" pour tenter de constituer un nouveau gouvernement.
 

"Je pense qu'il revient maintenant au parti conservateur de prouver qu'il est capable de tenter de gouverner dans l'intérêt général", a déclaré celui qui, pendant la campagne, avait suggéré qu'il pourrait accepter de travailler avec le Labour, mais qu'il aurait du mal à collaborer avec M. Brown.
Ses dernières déclarations semblent aller à l'encontre des projets du Labour et pourraient être interprétées comme une intention de travailler avec les Tories.

"Le gouvernement Labour n'a plus l'autorité pour gouverner notre pays", avait estimé dans la nuit le chef de file tory, David Cameron qui, pour prendre la tête du gouvernement, devrait s'entendre avec les Lib Dems ou avec des petits partis, ou encore former un gouvernement minoritaire.
L'absence de majorité absolue aboutit au premier parlement "suspendu" (hung parliament) depuis 1974, donnant lieu à des tractations longues et ardues entre les partis qui devaient commencer dès vendredi après-midi.

Des Lib Dems qui ont vécu une "nuit (...) décevante. Nous n'avons tout simplement pas accompli ce que nous espérions", avait déclaré vendredi matin M. Clegg depuis sa circonscription de Sheffield où il a été réélu.
La formation d'opposition n'est pas parvenue à transformer en sièges la soudaine popularité que son chef avait connue à la faveur des débats télévisés de la campagne.

Réélu dans sa circonscription écossaise, M. Brown a refusé dans la nuit de concéder la défaite et affirmé être prêt à "jouer (son) rôle pour que la Grande-Bretagne ait un gouvernement fort et stable". Vendredi matin, il a regagné sans mot dire ses bureaux du 10, Downing Street.
Le scrutin a connu une forte participation (environ 65%) mais a été émaillé d'anomalies: la commission électorale a annoncé une "enquête approfondie" alors que des centaines d'électeurs n'ont pu voter en raison de longues files d'attente.

 

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