Douste-Blazy dit croire à la diplomatie avec l'Iran

Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a annoncé dimanche à Abou Dhabi croire à un règlement diplomatique avec l'Iran, au terme d'une tournée dans la région du Golfe.

(afp) "Je pense très franchement que la voie diplomatique est possible. J'y crois", a déclaré M. Douste-Blazy au cours d'une conférence de presse avec son homologue émirati, cheikh Abdallah Ben Zayed Al-Nahyane.

"Je ne veux pas croire un instant que l'Iran, après s'être isolé politiquement et économiquement, peut prendre d'autres risques", a-t-il ajouté.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 23 décembre des sanctions limitées contre l'Iran, en raison de son programme nucléaire controversé.

Des consultations pour renforcer ces sanctions sont en cours entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, plus l'Allemagne, les six puissances impliquées dans le dossier nucléaire iranien. L'Iran refuse en effet toujours de cesser l'enrichissement d'uranium comme le réclame le conseil.

"Les contacts entre Américains, Européens, Russes et Chinois relatifs à l'adoption de nouvelles mesures témoignent de l'adhésion de tous, y compris des Etats-Unis, à cette démarche diplomatique", a souligné M. Douste-Blazy.

"Une frappe militaire contre l'Iran aurait des conséquences imprévisibles, profondément déstabilisatrices (...) pour l'ensemble de la région", a-t-il dit, en référence aux menaces de frappes évoquées par les Etats-Unis et Israël.

M. Douste-Blazy achevait une tournée au Koweït et aux Emirats, deux monarchies pétrolières du Golfe qui s'inquiètent du risque d'un nouveau conflit armé dans la région.

Evoquant le conflit au Proche-Orient, le ministre a souligné la disposition de la France à reprendre le dialogue avec le futur gouvernement palestinien d'union que s'emploient à former le mouvement islamiste Hamas et le Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, mais à condition qu'il prenne en compte les attentes du Quartette (Etats-Unis, Union européenne, ONU, Russie).

"La France est prête à reprendre des contacts directs avec tout gouvernement palestinien légitime, dont la plateforme politique prendrait en compte les attentes de la communauté internationale", a-t-il dit.

"Nous préciserons notre position dès que ce gouvernement sera investi, et nous serons très attentifs au contenu de cette plateforme. Mais il est important que celle-ci reflète une prise en compte des principes du Quartette", a-t-il ajouté.

Le Quartette a imposé un boycottage au gouvernement palestinien depuis l'arrivée du mouvement islamiste Hamas à sa tête, en mars 2006, et exige que le prochain gouvernement d'union reconnaisse Israël et les accords déjà conclus avec l'Etat hébreu et renonce à la violence.

M. Douste-Blazy a en outre indiqué avoir rappelé à ses interlocuteurs émiratis, dont le prince héritier d'Abou Dhabi, cheikh Mohammad Ben Zayed Al-Nahyane, "le soutien de la France, en cette période troublée que connaissent encore le Golfe et le Moyen-Orient, à la stabilité et la sécurité des Emirats".

Les deux pays sont liés depuis 1995 par un accord de défense et les échanges commerciaux se sont élevés en 2006 à 4,4 milliards d'euros.

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