Felipe Calderon vers une victoire constestée

Le conservateur Felipe Calderon se dirige vers une victoire sur le fil à l'élection présidentielle mexicaine face au candidat de gauche Andres Manuel Lopez Obrador qui conteste déjà le résultat.

(afp) Le candidat du parti d'action nationale (PAN) obtenait 35,82% contre 35,36 à son aversaire de gauche, soit une avance de 0,46 point de pourcentage, après le décompte officiel de 99,57% des urnes.

Andres Manuel Lopez Obrador a implicitement reconnu que les chiffres de l'Institut fédéral électoral (IFE) donnaient la victoire à son adversaire de droite, en annonçant jeudi matin qu'il les contesterait devant le tribunal fédéral électoral (TRIFE), ultime recours légal pour inverser le résultat.

"Nous allons recourir au tribunal fédéral électoral pour contester le processus électoral", car il y a eu "beaucoup d'irrégularités", a déclaré le candidat de gauche au cours d'une conférence de presse.

Il a appelé ses partisans à une manifestation samedi dans le centre de la capitale, début sans doute d'une longue bataille de protestation. Devant la maison de campagne du candidat de gauche, 50 personnes criaient "s'il n'y pas de solution, ce sera la révolution".

"Personne ne peut se déclarer vainqueur", a-t-il précisé avant d'affirmer: "Nous avons gagné".

Andres Manuel Lopez Obrador exige un nouveau décompte, un par un, de plus de 40 millions de bulletins de l'élection présidentielle. L'IFE lui a refusé cette possibilité arguant de la loi mexicaine qui ne prévoit de décomptes urne par urne que dans les cas d'anomalies.

Après l'annonce du résultat officiel par l'institut fédéral électoral d'ici à dimanche, les partis ont quatre jours pour contester le résultat devant le TRIFE. Ce dernier devra annoncer le nom du nouveau président d'ici au 6 septembre après avoir examiné les plaintes du parti de la révolution démocratique (PRD) de Lopez Obrador. Il devra se pencher sur la demande d'un nouveau décompte voix par voix qui serait une première au Mexique.

Felipe Calderon, 43 ans, conservateur catholique, promet le changement dans la continuité: il se veut à la fois l'héritier de la politique économique du président Vicente Fox et l'initiateur d'un nouveau mode de gouvernement.

Il devra trouver le moyen de gouverner avec un congrès où il n'aura pas de majorité, même si la PAN est devenu le premier groupe à la chambre des députés.

Il a déjà annoncé qu'il tenterait de former un gouvernement de coalition ou d'union nationale, proposant même un poste à Lopez Obrador.

"Si les autorités électorales le confirment, je serai un dirigeant non seulement pour mon parti, mais pour tous les Mexicains", a déclaré le candidat de la droite catholique.

Le pays va se trouvé divisé entre droite et gauche et entre Nord, partisan de Felipe Calderon, et Sud, partisan de Lopez Obrador qui a aussi la sympathie de la majorité des habitants de la capitale dont il a été le maire.

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