Finul: La France veut des garanties, l'Allemagne envisage la marine

La France, sous pression pour prendre la tête d'une force internationale renforcée au Liban sud, a averti mardi qu'elle n'enverrait pas ses soldats sans de sérieuses garanties, notamment sur le désarmement du Hezbollah.

(belga) Du côté allemand, la marine pourrait être mobilisée pour contrôler les voies maritimes de la côte du Liban et d'Israël, croit savoir mardi le quotidien allemand Der Tagespiegel.

Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, effectuera mardi une visite à Beyrouth, où il doit évoquer notamment les "conditions de déploiement de la Finul renforcée" au Liban sud, a annoncé son ministère.

Lundi soir, le ministre a souligné que la résolution 1701 des Nations Unies implique un repli des combattants chiites au nord du fleuve Litani et leur désarmement, avant le déploiement de l'armée libanaise appuyée par une Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) renforcée.

M. Douste-Blazy a également adressé un message au gouvernement libanais en lui rappelant que c'était à lui qu'il revenait de définir les "modalités" d'un tel désarmement.

La France avait mené d'âpres discussions à l'Onu avec les Etats-Unis pour que les casques bleus ne se retrouvent pas chargés de cette tâche, quasiment suicidaire à ses yeux.

D'autant qu'elle a expérimenté les dangers d'une participation à une force multinationale au Liban: en octobre 1983, 58 parachutistes français avaient été tués dans l'explosion de l'immeuble qui les abritait à Beyrouth, le Drakkar.

241 militaires américains avaient péri le même jour près de là dans des circonstances comparables et Washington avait à l'époque accusé le Hezbollah d'être responsable de ces attentats. Les Etats-Unis ont fait savoir qu'ils ne participeraient sans doute pas à la Finul renforcée.

Selon les milieux diplomatiques, Paris se trouve aujourd'hui sous la pression conjuguée de toutes les parties concernées pour donner un rapide feu vert à l'envoi de troupes. "Tant qu'elle n'a pas envoyé ce signal, les autres pays sollicités hésiteront à s'engager" et le processus d'application de la résolution 1701 sera de facto bloqué, explique une source diplomatique.

La résolution 1701, adoptée vendredi, prévoit un retrait des troupes israéliennes du Liban sud parallèlement au déploiement dans la zone de 15.000 soldats libanais et d'une Finul dont les effectifs doivent être portés à 15.000 hommes, contre 2.000 actuellement.

Les Nations unies espèrent que les premiers soldats de la Finul renforcée arriveront au Liban sud "d'ici une dizaine de jours", a déclaré mardi le chef des opérations de maintien de la paix de l'Onu, Jean-Marie Guéhenno.

Du côté allemand, le journal Der Tagespiegel affirme que les leaders des partis partenaires dans la coalition allemande se seraient entendus dès la semaine dernière sur une possible participation de la Bundeswehr à une telle mission.

Selon der Tagespiegel, la possibilité de mobiliser la police allemande à la frontière avec la Syrie "se précise" aussi. Un tel "engagement réduit" serait le plus à même d'obtenir le feu vert du parlement allemand, selon le journal, qui cite des sources proches de la chancellerie. Officiellement, le gouvernement veut clarifier d'ici la fin de la semaine sa position sur sa participation au règlement du conflit.

La participation allemande à la force multinationale a suscité un âpre débat en Allemagne en raison de sa responsabilité particulière vis-à-vis d'Israël, liée à son passé nazi, la crainte étant que les militaires allemands doivent, dans le cadre d'une force de paix de l'Onu, ouvrir le feu contre des soldats de Tsahal.

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