France: premier tour des législatives dimanche

Les Français retournent aux urnes dimanche pour élire leurs députés, un scrutin qui s'annonce très favorable à la majorité du nouveau président Nicolas Sarkozy face à une faible opposition de gauche.

(afp) Un mois après la présidentielle, les 44,5 millions d'électeurs doivent renouveler les 577 sièges de l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement, où la droite disposait déjà d'une confortable majorité.Un second tour se déroulera le 17 juin dans les circonscriptions où aucun candidat n'aura obtenu plus de 50% des voix en vertu d'un mode de scrutin majoritaire à deux tours qui désavantage les petits partis.Quelque 7.600 candidats sont en lice pour décrocher un mandat de cinq ans.Une très large victoire est promise à la droite: les sondages annoncent tous une "vague bleue", la couleur du parti UMP soutenant M. Sarkozy.Avec 41% d'intentions de vote, selon une récente enquête, l'UMP obtiendrait de 420 à 460 sièges (contre quelque 359 députés sortants). Le parti socialiste, avec 27%, n'en aurait qu'entre 80 et 120 (contre 149).

Les sondages prévoient aussi un nouveau recul en voix pour l'extrême droite de Jean-Marie Le Pen (qui n'a aucun député sortant) et pour le Parti communiste, qui passerait sous la barre des 20 députés (contre 21).Nicolas Sarkozy, élu le 6 mai avec 53,06% des voix contre la socialiste Ségolène Royal, vise une victoire aussi large que possible pour faire passer rapidement son programme de "rupture".Il entend profiter de l'état de grâce dont il bénéficie dans l'opinion avec son gouvernement "d'ouverture" qu'ont rejoint plusieurs personnalités venues de la gauche. Trois quarts de Français (76%) jugent plutôt réussis ses débuts et 77% estiment qu'il est capable de réformer le pays.Omniprésent dans les médias, M. Sarkozy, qui a imposé un style nouveau de "président-manager", s'est impliqué dans la campagne législative. Soucieux "d'aller vite", il a déjà fait convoquer une session extraordinaire du parlement dès juillet.Les députés devraient examiner des projets de loi prévoyant des réductions d'impôts, un assouplissement du marché du travail, et plus d'autonomie financière des universités.M. Sarkozy et son Premier ministre François Fillon prévoient aussi un nouveau durcissement des conditions d'immigration, des peines plancher pour les récidivistes, et l'abaissement de 18 à 16 ans de la majorité pénale.Le parti socialiste, en pleine crise interne, ainsi qu'une partie du centre mettent en garde face à une "concentration des pouvoirs".

Appelant les électeurs à retourner aux urnes en masse, l'opposition critique la proximité, voire la "promiscuité", entre Nicolas Sarkozy et les milieux d'affaires et les médias.Ségolène Royal, personnalité préférée des sympathisants socialistes pour relancer le parti en vue de la présidentielle de 2012, a fustigé un projet "tout carcéral" et qui "profite aux riches".Le centriste François Bayrou, qui bénéficie d'une forte cote de popularité après ses 18,6% au 1e tour de la présidentielle mais a été lâché par une partie des siens ralliée à Nicolas Sarkozy, craint une explosion de la dette que le président pourrait "laisser filer" pour financer ses réformes.Le nouveau parti MoDem de M. Bayrou, crédité de 0 à 10 sièges, et des "petits partis" demandent l'introduction d'une dose de proportionnelle.Quant à la parité, la droite est classée mauvais élève avec 26,6% de candidates à l'UMP contre 45,5% pour le PS et ses alliés. La diversité a encore plus de mal à s'imposer: une association a relevé qu'il n'y avait que 0,5% de Noirs parmi les candidats présentés en métropole.

Photo belga

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