France: vers un taux de participation record pour la présidentielle

(afp) Les Français se pressaient aux urnes dimanche pour choisir les deux finalistes qui s'affronteront le 6 mai pour succéder à Jacques Chirac, près d'un tiers des 44,5 millions d'électeurs ayant déjà voté à la mi-journée, un record depuis 1981.

La participation était de 31,21% à 12H00, en forte hausse sur 2002 (21,4% à 12H00), année où l'abstention avait atteint un record absolu pour un premier tour de présidentielle (28,4%). Le taux de participation atteignait l e chiffre très élevé de 73,87% à 17H00, contre 58,5% en 2002, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Trois heures avant la fermeture des derniers bureaux de vote, le taux de participation était déjà supérieur à celui enregistré à la fin du premier tour de la présidentielle de 2002 (72,6%).

La participation atteindrait même 87% au premier tour de la présidentielle, soit un record sous la Vème République, selon les estimations des instituts de sondage Ipsos et Ifop rendues publiques dimanche 22 avril à 17h30, signale pour sa part le site du Nouvel Observateur.

Le record de participation au premier tour datait de 1965 (84,75%). En 1974, le taux de participation au premier tour avait atteint 84,23%.

Sous un soleil printanier, des files d'attente se sont formées devant de nombreux bureaux de vote. La participation avait également été forte dans le vote samedi de quelque 1,4 million de Français de l'outremer et de l'étranger.

Quatre des 12 candidats ont fait la course en tête dans les sondages, sans toutefois de tendance décisive: Nicolas Sarkozy (UMP), Ségolène Royal (PS), les favoris, suivis de près par François Bayrou (UDF), qui s'est imposé en "troisième homme". Jean-Marie Le Pen (FN), qui avait fait sensation en se qualifiant pour le second tour en 2002, fait figure d'outsider.

Cette poussée de la mobilisation a été marquée par des bonds spectaculaires, avec 19% de votants en plus dans les Alpes de Haute-Provence à midi, ou plus 15% dans les Vosges. Le mouvement était moins spectaculaire en région parisienne, mais les bureaux de vote y restent ouverts jusqu'à 20H00.

Le petit archipel de Saint-Pierre et Miquelon, dont les électeurs ont ouvert le bal samedi, a enregistré 20% de participation en plus sur 2002.

Autre signe de l'intérêt pour cette élection, qui devrait porter une nouvelle génération à la tête du pays après 12 années de présidence Chirac, l'augmentation du nombre d'inscrits, avec 3,3 millions d'électeurs de plus qu'en 2002, dont beaucoup de jeunes âgés de 18 à 30 ans.

Une forte participation est souvent considérée par les politologues comme "pas défavorable à la gauche", selon l'expression de Jean-Luc Parodi.

Nicolas Sarkozy est allé voter à 10H55 à Neuilly-sur-Seine, accompagné de son épouse Cécilia. "A mon avis, il reste encore quinze jours", a-t-il dit, laissant entrevoir sa confiance d'être au deuxième tour.

Ségolène Royal, qui a multiplié les appels au "vote utile" dans les jours précédant le vote a voté vers 12H30 dans son fief de Melle (Deux Sèvres), assurant "attendre sereinement et calmement la fin de la journée".

François Bayrou a voté à Pau dans les Pyrénées Atlantiques, soulignant le "choix très profond" qu'ont à faire les Français, et Jean-Marie Le Pen à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), se prévalant du "calme des vieilles troupes".

Le président Chirac et son épouse Bernadette ont voté à Sarran, village de Corrèze. Jacques Chirac, qui avait indiqué qu'il voterait "naturellement" pour le candidat de son parti, Nicolas Sarkozy, n'a fait aucun commentaire.

Le premier tour a également été marqué par la contestation du vote électronique, qui concerne 1,5 million d'électeurs. Ainsi à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), où le scrutin se déroule entièrement sur machines, on enregistrait de longues files d'attente qui ont provoqué des protestations.

Les 64.030 bureaux de vote en métropole avaient ouvert leurs portes à 08H00, à l'exception d'une dizaine à Marseille dont les serrures avaient été obturées avec de la colle. La plupart d'entre eux (70%) resteront ouverts jusqu'à 18H00.

Dans 106 communes, dont plusieurs grandes villes, ils ne fermeront qu'à 19H00. Un quart des bureaux fermeront à 20H00, dont Paris.

Presque tout l'éventail politique, de l'extrême droite à l'extrême gauche, est représenté par les 12 candidats en lice.

Pour les "petits", il s'agit d'accumuler suffisamment de voix pour peser sur le deuxième tour en négociant son ralliement.

C'est particulièrement vrai pour la communiste Marie-George Buffet, l'écologiste Dominique Voynet, l'altermondialiste José Bové, Philippe de Villiers (MPF) ou Frédéric Nihous (CPNT).

Les voix trotskistes sont condamnées à s'éparpiller sur trois candidats: Olivier Besancenot (LCR), Arlette Laguiller (LO) et Gérard Schivardi (soutenu par le Parti des Travailleurs).

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