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G20: les USA affichent une volonté de coopération

M. Geithner doit accompagner le président américain Barack Obama au sommet des chefs d'Etat des pays industrialisés et émergents du G20 prévu le 2 avril à Londres pour réfléchir à la réforme du système financier international et élaborer une réponse coordonnée à la crise économique.

(afp) - Les Etats-Unis affichent leur volonté de coopération à moins de dix jours du sommet du G20, édulcorant leur appel mal reçu à une relance massive en Europe et allant jusqu'à créditer la Chine pour sa contribution à la stabilisation de l'économie mondiale.

"Le monde a besoin de voir l'Amérique unie derrière un engagement à la mesure de la gravité du problème", a déclaré mercredi le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner lors d'un discours à New York.

"Nous voulons que la reprise ici soit soutenue par la reprise dans le monde entier", a-t-il ensuite ajouté.

M. Geithner doit accompagner le président américain Barack Obama au sommet des chefs d'Etat des pays industrialisés et émergents du G20 prévu le 2 avril à Londres pour réfléchir à la réforme du système financier international et élaborer une réponse coordonnée à la crise économique.

Ce forum regroupe les grands pays industrialisés du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie), l'Union européenne (UE), ainsi que l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique, la Russie et la Turquie.

Alors même que la présidence tchèque de l'UE vient d'asséner que les centaines de milliards dépensés par les Etats-Unis face à la crise risquent de conduire "à l'enfer", M. Geithner a adopté un ton beaucoup plus conciliant vis-à-vis des Européens que celui tenu depuis quelques temps par certains responsables du gouvernement américain.

"Nous ne sommes pas engagés [dans une relance] trop forte. Et en fait, [les Européens] en font plutôt beaucoup", a-t-il dit.

Le conseiller économique de la Maison Blanche, Lawrence Summers, avait agacé les Européens il y a quelque semaines, en appelant le G20 à soutenir massivement la demande encore en 2010, comme c'est prévu aux Etats-Unis.

M. Geithner a par ailleurs estimé que la Chine faisait "des choses importantes" pour stabiliser la situation économique mondiale.

Lors d'une intervention à New York, M. Geithner a même dressé une couronne de lauriers au gouverneur de la banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, le qualifiant d'homme "vraiment avisé", jugeant que "tout ce à quoi il pense mérite d'être pris en compte d'une manière ou d'une autre".

M. Geithner a dû ensuite corriger le tir en affirmant que les Etats-Unis n'avaient nullement l'intention d'accepter que le dollar cesse d'être la monnaie de référence après que ses propos sur la proposition de M. Zhou eurent fait douter les marchés.

Il n'empêche: ses mots à l'égard de la Chine témoignent d'une volonté de ne pas froisser.

En ce qui concerne la relance fiscale et monétaire de l'économie, la Chine et aussi l'Arabie saoudite "jouent un rôle constructif", a-t-il dit.

D'une manière générale, les membres du G20 "sont fondamentalement avec nous sur ces sujets", a-t-il estimé, ajoutant qu'il y avait un "consensus remarquablement fort" sur les points clés qui seront abordés lors du sommet malgré les différences d'approche entre les parties.

La veille déjà, M. Obama avait minimisé les désaccords supposés entre les Etats-Unis et l'Europe, et lancé des appels fermes en faveur d'une supervision accrue du secteur financier, conformément à ce que demande l'Europe.

M. Geithner devait détailler ces vues sur ce point précis jeudi devant le Congrès américain. Il s'est d'ores et déjà engagé à mettre l'accent sur la coopération internationale pour définir des "normes plus fortes à l'échelle planétaire".

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