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G20 : Londres attend "un nouveau départ"

©REUTERS

Gordon Brown veut faire du Sommet de Londres un moment clé vers le redressement économique. La liste des priorités est ambitieuse. Plus qu'une rencontre menant à un accord historique, Londres pourrait être avant tout, comme l'affirme Barack Obama, "le début d'une nouvelle convergence".

Bruxelles (L'Echo) - Le Premier ministre anglais Gordon Brown sera aux commandes du sommet du G20, ce jeudi à Londres. Une présidence capitale pour le Royaume Uni. A plus d'un titre. Elle a lieu au coeur de la plus grave crise économique mondiale depuis 1930. Elle arrive juste après le G20 de Washington de novembre dernier, présidé par Georges Bush, alors que la crise n'avait pas encore montré son vrai visage. Dans ce contexte, la rencontre fera, plus que de coutume, l'objet d'une grande attention médiatique. Face à la crise, les citoyens attendent de leurs dirigeants un message clair. Certains manifesteront, ce qui donne au G20 des allures de forteresse et gonfle le budget de l'organisation à 19 millions de livres sterling (20 millions d'euros).

Plus qu'un simple G20, Gordon Brown veut faire du "Sommet de Londres" un moment clé vers le redressement économique. "Le monde se réunit et nous ne commettons pas les erreurs du passé consistant à ne rien faire", a-t-il déclaré lundi, estimant que "les dirigeants mondiaux sont en train de progresser en vue d'un accord".

Le locataire du 10 Downing Street joue gros. Il  espère aboutir à un accord "pour sortir du désordre économique mondial" et "rétablir un meilleur équilibre entre riches et pauvres". Le G20, plus représentatif que le G8, est aux yeux des britanniques l'enceinte idéale "car elle représente 85% de l'économie mondiale" et reste suffisamment souple pour permettre la prise de décision.

Il est clair, en tout cas, que le climat a changé depuis Washington. Ce G20 sera aussi le baptême du feu de Barack Obama sur la scène internationale, le président américain débutant son déplacement par un petit déjeuner avec la Reine d'Angleterre mercredi matin. Le changement de ton des Etats-Unis est attendu. On pressent la volonté de faire du G20 un "nouveau départ", commente un diplomate européen, pour qui "l'Europe à maintenant un partenaire avec qui travailler".

Les priorités de la présidence ? Les anglais souhaitent "l'adoption d'uns série de mesures internationales qui permette de restaurer la stabilité". Leur cheval de bataille reste la mise en œuvre de nouveaux stimuli fiscaux, un point de vue largement partagé par les Etats-Unis. Ils plaident également pour un doublement des ressources du Fonds monétaire internationale, à 500 milliards de dollars, pour accroître ses capacités de prêt aux pays les plus touchés par l'assèchement du crédit. L'adaptation des institutions internationales, la Banque Mondiale et le FMI, est à l'ordre du jour. Le FMI pourrait se voir reconnaître un rôle accru, notamment dans la mise en œuvre d'un système d'alerte international précoce en cas de crise.

Londres attend aussi du G20 qu'il donne un signal fort pour la relance du crédit, via une capitalisation adéquate des banques, l'élimination des actifs toxiques, et, si nécessaire, l'intervention des banquiers centraux pour stimuler la relance du crédit.

La réforme coordonnée des marchés financiers et la lutte contre les paradis fiscaux figurent aussi parmi les priorités. On pourrait entendre un message fort, les grands pays européens, dont la France et l'Allemagne, ont donné un changement de ton.

Les dirigeants se pencheront sur la lutte contre les changements climatiques et la mise en place d' une économie verte, faible en émission de carbone. Un des dossiers les plus en souffrance sous l'administration Bush.

Mais les résultats ne se mesureront que dans le cadre d'un processus à long terme. A l'image du soutien aux pays en développement et aux pays les plus pauvres, un des objectifs de Gordon Brown, qui nécessite, plus qu'une expression d'intention, des engagements concrets.
Plus qu'un sommet menant à un accord historique, Londres pourrait être avant tout, comme l'affirme Barack Obama, "le début d'une nouvelle convergence".

Vincent Georis

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