Grèce: pourquoi ce plan est différent

Jean-Claude Juncker

Cette fois, un montant est clairement cité: la première année, la Grèce devrait recevoir 40 milliards d'euros, dont 30 milliards des pays de la zone euro et 10 milliards du FMI.

Bruxelles (L'Echo) - Les pays de la zone euro mettent à la disposition de la Grèce un plan d'aide sans précédent. Une impression de déjà vu puisque le 25 mars, les dirigeants européens s'étaient déjà mis d'accord sur le principe d'un mécanisme d'aide en dernier recours si la Grèce ne parvenait plus à emprunter à des taux raisonnables sur les marchés.

Mais son contenu restait encore flou, notamment concernant le niveau des taux d'intérêt des prêts. Faute d'informations concrètes sur les termes de l'accord, le taux des obligations d'Etat grecques à 10 ans a bondi la semaine dernière à 7,5%, son plus haut niveau depuis 1998 et à plus du double du taux des emprunts de référence allemands…

Après plusieurs semaines de négociations, pour ne pas dire de tergiversations, les pays de la zone euro ont finalement annoncé dimanche un accord avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) sur les contours d'un programme triennal de prêts bilatéraux à la Grèce, si celle-ci en fait la demande.

Le montant total de ce programme, destiné à ramener le calme sur les marchés, pourrait aller jusqu'à 80 milliards d'euros, selon un responsable du ministère des Finances grecs, dont 40 milliards d'euros pour la seule première année.

Le Fonds monétaire international fournirait 10 milliards d'euros et les pays de la monnaie unique 30 milliards, à des taux proches de 5% selon le type de prêt.

La méthode de calcul retenue pour définir ce taux «est basée sur la formule du Fonds monétaire international» pour calculer les siens, avec quelques ajustements, a précisé le chef de file des ministres des Finances de la zone euro Jean-Claude Juncker.

Ce taux ne constituerait pas une «subvention» à la Grèce, a-t-il souligné. En outre, tous les Etats de la zone euro sont appelés à financer le plan.

Leurs contributions seront calculées sur base de la clé de capital de la BCE, c'est-à-dire de leur participation au capital de la Banque centrale européenne. L'Allemagne y est de loin le premier contributeur, suivie par la France, l'Italie et l'Espagne pour la zone euro.

Juncker affirme que cette communication est susceptible de rassurer les marchés, après les réactions négatives aux précédents accords de principe du 11 février, 15 mars et 25 mars qui ne précisaient pas la teneur du plan d’aide à la Grèce et divisaient les partenaires européens.

«La décision d'aujourd'hui est d'une nature différente. Elle montre qu'il y a de l'argent derrière elle», a déclaré Cyril Régnat, stratégiste obligataire chez Natixis. « C'est un plan plus détaillé » que les précédents, mais « c'est surtout par sa taille » qu'il se différencie, estime-t-il.

Lire notre dossier dans L'Echo de ce mardi

C.G.

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