Grèce: une loi révolutionnaire contre l'argent sale

Le Parlement grec a adopté mercredi à la majorité une loi de réforme fiscale, qui vise à lutter contre la corruption et à réduire l'énorme déficit public pour sortir le pays de la crise.

(afp) -   Le Parlement grec a adopté mercredi à la majorité une loi de réforme fiscale, qui vise à lutter contre la corruption et à réduire l'énorme déficit public pour sortir le pays de la crise. La loi a été votée sur le principe par la majorité socialiste, par 158 voix sur l'ensemble des 300 sièges du Parlement. Deux autres votes sur les articles du texte et sur l'ensemble de la loi doivent conclure jeudi le débat parlementaire.

"Le nouveau projet de loi est pour la Grèce une révolution, c'est une rupture en faveur de tout le monde, en faveur d'une économie propre contre l'argent sale", a martelé le Premier ministre Georges Papandréou au cours du débat juste avant le vote de la loi.

La réforme fiscale vise essentiellement à imposer davantage les gros revenus, la fortune foncière de l'Eglise de Grèce, à augmenter les taxes pour les sociétés off-shore et supprimer les diverses exemptions fiscales qui existaient pour plusieurs catégories de contribuables.
Selon M. Papandréou, cette réforme va "rationaliser" le système fiscal, lutter "contre la corruption" endémique dans le pays, et constitue "un premier pas pour faire sortir le pays de la crise".

La Grèce fait face à une dette abyssale qui s'élève à environ 300 milliards d'euros tandis que son déficit a été chiffré pour 2009 à 12,9% du Produit intérieur brut, ce qui gène considérablement les besoins d'emprunt du pays sur les marchés internationaux.

Dimanche, les seize pays de la zone euro ont annoncé être prêts à prêter 30 milliards d'euros à la Grèce à un taux favorable de 5%, soit un tiers de moins que le taux de 7,5% dont devait s'acquitter l'Etat grec sur les marchés.

Le Fonds monétaire international (FMI) devrait aussi prêter de l'argent à la Grèce.
"Même si le pays a su écarter l'éventualité d'une faillite et essaie actuellement de retrouver la stabilité économique et la croissance, le modèle de gestion du pays doit changer car ce modèle a sûrement fait faillite", a souligné M. Papandréou lors du débat.

Les syndicats des chauffeurs de taxis et des avocats ont entamé mercredi une grève de deux et trois jours respectivement contre cette réforme fiscale, qui supprime des exonérations dont ils jouissaient.
Les vendeurs des marchés populaires observent également de leur côté depuis mardi une grève de 48 heures pour protester contre l'obligation d'utiliser des caisses enregistreuses, prévue par la loi.

Le gouvernement socialiste a déjà pris ces derniers mois une série de mesures d'austérité, touchant surtout la fonction publique: gel des salaires, baisse de 10% des primes, diminution de 30% des heures supplémentaires, arrêt total des embauches en 2010, sauf dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de la sécurité.

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