Hugo Chavez à Buenos Aires pour narguer George W. Bush

Le président vénézuélien Hugo Chavez a raillé vendredi à Buenos Aires son homologue américain George W. Bush, arrivé dans la soirée en Uruguay voisin, le qualifiant de "fou" et de "cadavre politique" devant des milliers de personnes rassemblées pour dénoncer l'impérialisme américain.

(afp) "Le président des Etats-Unis est aujourd'hui un cadavre politique qui ne sent même plus le soufre. Ce qu'il exhale c'est l'odeur des morts politiques. D'ici peu il ne sera plus que poussière et disparaîtra", s'est exclamé le président vénézuélien devant une foule survoltée de quelque 35.000 militants de gauche, selon les organisateurs, rassemblés dans un stade de la capitale argentine.

Au même moment, George W. Bush arrivait en Uruguay, pays voisin de l'Argentine, deuxième étape de sa tournée dans cinq pays d'Amérique latine.

Hugo Chavez avait donné le ton de sa visite, dès son arrivée jeudi soir à Buenos Aires en moquant d'emblée George W. Bush pour avoir "récemment découvert la pauvreté" en Amérique latine. "Si je l'avais en face de moi, je lui dirais 'gringo go home'", avait alors lancé le président vénézuélien à sa descente d'avion.

Le président américain a annoncé lundi l'envoi en Amérique latine et dans les Caraïbes d'un navire militaire médical pour soigner des dizaines de milliers de pauvres, parmi différentes mesures rendues publiques avant sa tournée dans la région.

M. Chavez a pris pour cible le "diable" Bush dans chacune de ses interventions, dénonçant notamment sa volonté de "diviser le continent". "Bush est un loup déguisé en mouton. Il vient pour diviser, tromper et freiner les mouvements populaires", a-t-il ainsi affirmé vendredi matin avant de rejoindre le président argentin Nestor Kirchner pour signer des accords bilatéraux.

Le président vénézuélien s'en est pris à cette occasion et dans un entretien avec la télévision publique argentine Canal 7 au projet de développement des bio-carburants que le président américain souhaite mettre en oeuvre.

Le Brésil et les Etats-Unis ont signé vendredi un mémorandum de coopération pour favoriser la production d'éthanol et en faire un produit commercialisable sur le marché mondial. Le Brésil et les Etats-Unis concentrent 70% de la production mondiale d'éthanol et ont un intérêt commun à promouvoir un marché international de biocarburants propres et renouvelables.

M. Chavez a vivement critiqué ce projet en dénonçant l'utilisation d'aliments pour produire du combustible alors qu'"un enfant meure de faim toutes les trois minutes, selon les Nations unies". Le maïs, qui intervient dans la production d'éthanol, est aussi une nourriture pour le bétail et donc indirectement pour l'homme, quand il n'entre pas directement dans l'alimentation de certaines populations comme au Mexique par exemple, a expliqué le président vénézuélien.

Or, "pour produire un million de barils d'éthanol par an, quand le Venezuela produit trois millions de baril de pétrole par jour, il est nécessaire de planter 20 millions d'hectares de maïs", a-t-il affirmé. "Utilisons ces hectares pour sortir de la misère les millions d'êtres humains qui s'y trouvent, pas pour fabriquer du combustible pour les voitures américaines", a-t-il encore souligné.

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