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Irak: la hausse des prix dépasse 70%

La hausse des prix a dépassé 70% en moyenne en 2006 en Irak, tirée notamment par une augmentation des cours des produits pétroliers, multipliés par dix, ce qui a entraîné l'intervention de la Banque centrale, a indiqué dimanche à l'AFP une source de cette institution.

(afp) Le gouvernement s'était fixé pour objectif de maintenir le taux d'inflation annuel l'an dernier autour de 20 à 25%.

L'indice des prix à la consommation, qui calcule mensuellement l'inflation, a dépassé en moyenne les 70% sur l'année, avec une hausse de plus de 80% des produits pétroliers et de l'électricité. En excluant l'énergie, l'indice s'établit entre 30 à 35%.

Le litre de carburant est ainsi passé de 50 dinars fin 2005 à 400 dinars au début de 2007, notamment à la suite de la suppression progressive des subventions de l'Etat.

Plusieurs produits de première nécessité sont subventionnés en Irak, depuis l'époque de l'ancien régime.

La fin de ces subventions est l'une des recommandations du Fonds monétaire international (FMI), qui exige l'application d'ici 2008 d'un programme de réformes économiques structurelles, pour obtenir d'effacer 80% de la dette de l'Irak vis-à-vis des créanciers non membres du Club de Paris.

Alertée par cette hausse vertigineuse, la Banque centrale a décidé d'intervenir en relevant à trois reprises les taux d'intérêt en 2006, qui sont passés en un an de 8% à 20%, a indiqué cette source.

La dernière hausse des taux d'intérêt est intervenue en décembre 2006.

Par ailleurs, et dans le cadre de sa politique de resserrement monétaire, la Banque centrale a procédé il y a trois mois, à l'appréciation du dinar face au dollar, de quelque 20%. Le taux de change du dinar face au dollar a ainsi été porté à 1.290 dinars pour un billet vert contre 1.500 en moyenne auparavant.

L'Etat a construit son budget 2007 sur un taux de change de 1.260 dinars pour un dollar.

Selon ce responsable de la banque centrale, les mesures prises n'ont pas encore donné de résultat. Les incertitudes politiques, la situation d'insécurité générale du pays et la morosité économique n'encouragent pas les gens à épargner.

Pour leur part, les banques n'ont pas relevé leur taux, continuant à appliquer des taux d'intérêt bas.

En outre, cette politique de rigueur monétaire est de nature à décourager l'investissement qui est déjà à un niveau faible. Or des taux bas sont la principale incitation à l'emprunt et donc à l'investissement.

"Nous espérons voir les résultats des mesures prises par la Banque centrale d'ici juin 2007. Sinon, il faut prendre d'autres mesures pour maîtriser cette inflation galopante", a dit le responsable de la Banque centrale.

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