Israël conduit des incursions dans le sud Liban, l'exode s'accélère (update)

Les chasseurs bombardiers israéliens ont violemment pilonné vendredi Baalbeck, fief du Hezbollah chiite dans l'est du Liban, tuant quatre civils alors que les Etats-Unis accéléraient l'évacuation de leurs ressortissants.

(afp) Au dixième jour d'un conflit qui a plongé le Liban dans le chaos, la France a accentué ses efforts pour obtenir un cessez-le-feu, mais Israël et la formation intégriste ont fait savoir qu'ils étaient déterminés à en découdre encore longtemps. Dans le même temps, de nouvelles salves de roquettes tirées par le Hezbollah se sont abattues sur le nord d'Israël dont Haïfa, la troisième ville du pays, où 19 civils ont été blessés. Et, l'Etat hébreu a poursuivi la mobiliation de réservistes.

En mission à Beyrouth, le ministre français des Affaires Etrangères Philippe Douste Blazy a mis en garde contre une possible "catastrophe" humanitaire, alors que 500.000 Libanais ont dû fuir leurs maisons et ont trouvé refuge dans des abris de fortune. Face à la montée des dangers, dans un pays qui semblait avoir rompu avec son passé tragique, quelque 4.500 Américains ont embarqué pour Chypre à bord de trois navires dépêchés par les Etats-Unis, et protégés par des Marines américains - la première mission de ces troupes d'élite au Liban depuis qu'un attentat en avait tué 240 en 1983.

Une série de raids sur Baalbeck (90 km de Beyrouth), les plus violents sur cette ville à majorité chiite de 100.000 habitants depuis le début des hostilités, ont provoqué la panique des habitants. Les frappes ont visé une station-service, ainsi qu'une école, un centre agricole et un centre de loisirs gérés par le Hezbollah.

Dans le même temps, les bombardements israéliens se sont poursuivis dans le sud du pays, où le secteur de Tyr (83 km au sud de Beytouth) a été touché, faisant un tué. Le conflit a fait au Liabn 339 morts, en majorité des civils, et quelque 1.000 blessés, tandis que 33 israéliens ont été tués. Mais les efforts d'apaisement se heurtent à la détermination des belligérants à ne céder sur rien.Israël exige la libération de deux soldats capturés le 12 juillet et le désarmement du Hezbollah. La formation chiite demande un cessez-le-feu sans condition, et des négociations en vue de la libération de centaines de prisonniers libanais.

"Nous disons à Israël que le guerre est à ses débuts, nos combattants gardent intacte leur capacité de résistance et vous préparent des surprises", a assuré jeudi le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, dans un entretien à la chaîne du Qatar Al-Jazira. Le chef d'état-major israélien Dan Haloutz a annoncé que la campagne militaire "pourrait durer longtemps", et le ministre de la Défense Amir Peretz n'a pas exclu une opération terrestre d'envergure au Liban "si nécessaire".

L'aviation israélienne a de nouveau lâché vendredi des tracts au Liban sud, appelant "les habitants des villages situés au sud du fleuve Litani (à 40 km au nord de la frontière avec Israël) à évacuer leurs localités immédiatement". L'armée de l'Etat hébreu a déployé des renforts sur la frontière nord, et conduit des incursions au Liban sud provoquant ces deux derniers jours de violents accrochages avec le Hezbollah, qui ont coûté jeudi la vie à quatre soldats. Pour tenter d'endiguer la violence, le président français Jacques Chirac a souhaité une implication plus forte de l'Europe.

(photo: belga)

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