Israël décidé à établir une "zone de sécurité" au Liban sud

Israël semble déterminé à installer une "zone de sécurité" de plusieurs km au Liban sud, où opèrent actuellement une dizaine de milliers de ses soldats, en attendant un éventuel déploiement d'une force internationale dans ce secteur.

(afp) Pour "nettoyer" la région frontalière, l'armée a fait entrer des renforts en territoire libanais. Sept régiments, dont deux de réservistes étaient en opération jeudi matin dans une vingtaine de villages, soit environ 10.000 hommes, selon le commandant Tzvika Golan, porte-parole du commandement nord. L'objectif est d'instaurer une "zone de sécurité" de six à huit km de large en territoire libanais jusqu'aux abords du fleuve Litani, a-t-il expliqué à l'AFP, en précisant que les opérations avaient pour but de "repousser le Hezbollah (chiite libanais) plus au nord". Le gouvernement d'Ehud Olmert a donné ordre à l'armée de tout faire pour tenter de réduire au maximum les tirs par les combattants du Hezbollah de roquettes de courte portée qui ne cessent de s'abattre sur le nord d'Israël. Mercredi, le nombre des projectiles a atteint le chiffre record de 231 en une journée après plus de trois semaines d'offensive contre le Hezbollah. Avant l'opération "Changement de cap" lancée le 12 juillet à la suite de l'enlèvement de deux soldats israéliens par le mouvement chiite, ce dernier était présent tout le long de la frontière parfois à quelques mètres seulement des positions de l'armée israélienne.

Le général Gaï Tzur, chargé d'une partie des opérations au Liban, a toutefois démenti que l'armée israélienne ait l'intention de créer une "zone de sécurité" comme celle qui existait avant le retrait israélien du Liban sud en mai 2000. "Notre objectif est de mettre en place une présence mobile, et nous n'avons pas l'intention de nous installer sur le terrain dans des positions fixes", a affirmé le général à la radio militaire. Israël avait instauré et occupé une "zone de sécurité" au Liban sud entre 1985 et 2000 qui faisait 100 km de long, sur une profondeur de 8 à 15 km environ, selon la topographie du terrain, soit environ 850 km2. En 2000, après des centaines de morts et de blessés, sous la pression de l'opinion publique, le Premier ministre israélien de l'époque Ehud Barak avait décidé de retirer ses troupes de cette zone. Conscient du traumatisme que les nombreuses années d'occupation avaient provoqué au sein de la population, les dirigeants israéliens n'ont cessé de proclamer n'avoir aucune intention de retomber dans le "bourbier libanais", en d'autres termes de réoccuper le sud et redevenir la cible d'une guérilla. Pour éviter un tel scénario, l'armée a eu massivement recours à l'aviation en multipliant les raids au Liban au début de l'offensive. Mais la poursuite des tirs de roquettes et les pertes civiles ont contraint les dirigeants politiques et militaires à recourir à des forces terrestres pour tenter de venir à bout du Hezbollah, dont les combattants affrontent violemment depuis plusieurs jours les soldats israéliens dans les secteurs frontaliers.

"C'est pour cela que nous avons besoin d'une à deux semaines", a déclaré le commandant Tzvika Golan. Malgré les renforts, les militaires n'ont toutefois pas encore trouvé la parade ce qui a contraint plusieurs centaines de milliers d'habitants du nord d'Israël à vivre au rythme des sirènes et à se réfugier dans les abris. Dans un premier temps, des unités régulières ont été envoyées au Liban, puis des réservistes ont dû être utilisés comme renforts. Le Premier ministre Ehud Olmert a prévenu que l'offensive militaire contre le Hezbollah se poursuivrait jusqu'au déploiement d'une force internationale au Liban sud, une question à l'étude au Conseil de sécurité de l'ONU. Selon lui, cette force devrait comprendre 15.000 hommes et être "composée de vrais soldats, et non de retraités qui viennent passer quelques mois tranquilles au Liban sud.

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