Israël emploie la manière forte pour libérer son soldat

Trois jours après la capture d'un de ses soldats, l'armée israélienne menait mercredi une vaste opération dans la Bande de Gaza.

(AFP) Malgré la signature par le Hamas d'un document reconnaissant implicitement Israël, l'Etat hébreu a décidé d'employer la manière forte pour récupérer le caporal Gilad Shalit, un franco-israélien de 19 ans enlevé dimanche par des militants palestiniens lors d'une attaque qui s'est également soldée par la mort de deux soldats. C'est la première opération terrestre d'une telle ampleur depuis le retrait israélien de la Bande de Gaza en septembre dernier.

Le Premier ministre Ehoud Olmert a affirmé mercredi que son gouvernement n'hésiterait "pas à recourir à une action extrême pour ramener Gilad à sa famille". Mais "nous n'avons pas l'intention de réoccuper Gaza. Nous n'avons pas l'intention d'y rester. Nous avons un objectif et un seul: ramener Gilad chez lui", a-t-il affirmé.

Pendant la nuit, les chars et soldats israéliens ont commencé à se masser à l'est de Rafah. L'aviation israélienne a tiré au moins neuf missiles sur l'unique centrale électrique de la Bande de Gaza, privant du même coup 65% du territoire de courant, selon des ingénieurs de l'établissement. Les trois turbines en fonctionnement de la station ainsi qu'un réservoir d'essence étaient en flammes.

En outre, trois ponts de la Bande de Gaza ont été détruits pour, selon l'armée, "diminuer la capacité des terroristes à transférer le soldat enlevé".

Des témoins ont fait état de tirs d'artillerie lourde près de l'aéroport de Gaza, fermé de longue date, et des avions de chasse survolaient la ville à basse d'altitude, avec des ondes de choc faisant trembler, voire brisant, les fenêtres. Au sol, des troupes terrestres appuyaient l'aviation.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a dénoncé le raid dans un communiqué. Il "considère que l'agression qui a visé les infrastructures civiles est une punition collective et un crime contre l'humanité". Et appelle les Etats-Unis et les médiateurs internationaux à intervenir pour faire cesser cette opération.

D'habitude très animées, les rues de Gaza étaient étrangement vides en milieu de journée, les habitants se terrant chez eux. Dans des camps de bédouins voisins, quelques enfants jouaient dehors, tandis que deux femmes circulaient à bord d'une charrette tractée par un âne près de l'aéroport à Rafah. Le point de passage entre le territoire palestinien et l'Egypte est fermé depuis dimanche.

Les militants qui ont capturé Gilad Shalit exigent la libération de centaines de femmes et de mineurs palestiniens détenus en Israël en échange de tout renseignement sur le soldat. Un dirigeant du Hamas, Nizar Rayan, a exhorté ses combattants mercredi à prendre les armes et à affronter les troupes israéliennes pour "libérer les prisonniers". Il a demandé aux Palestiniens de ne pas fournir d'information "gratuitement" et à "se révolter" contre l'invasion de Gaza.

Le ministre israélien de la Justice Haïm Ramon a estimé que les efforts diplomatiques pour ramener Gilad Shalit sain et sauf semblaient avoir échoué. "Mon sentiment, et ce n'est que mon avis, c'est que la diplomatie a épuisé" tous ses recours, a-t-il observé sur la radio israélienne. "Nous lui avons donné une chance, même si nous ne fondions pas beaucoup d'espoir" dans ces discussions.

Il a également prévenu que le chef politique du Hamas installé en Syrie, Khaled Machaal, constituait une cible. "Il est sans aucun doute dans notre collimateur (...) C'est une cible", a-t-il déclaré, affirmant que celui-ci était responsable de l'attaque de dimanche.

(Photo Belga)

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