Israël se prépare à une grande attaque

L'armée israélienne se prépare à lancer une offensive terrestre de grande envergure au Liban, tandis que Français et Américains redoublaient d'efforts à l'Onu pour parvenir à un règlement du conflit qui a tué vendredi au moins 15 civils libanais.

Dans la soirée, le Premier ministre israélien "Ehud Olmert et le ministre de la Défense Amir Peretz ont donné l'ordre à l'armée de se préparer à lancer une opération terrestre en profondeur au Liban", a déclaré un responsable israélien sous couvert de l'anonymat, sans précision sur le moment du déclenchement de l'offensive.

Cette offensive, attendue depuis le feu vert donné mercredi par le cabinet de sécurité, vise à briser la résistance des combattants du Hezbollah qui infligent des pertes importantes à l'armée israélienne et continuent de tirer quotidiennement des roquettes sur le nord d'Israël après plus d'un mois de conflit.

Selon le responsable israélien, l'Etat hébreu a pris cette décision après que le Liban "sous la pression du Hezbollah, a rejeté des éléments essentiels dans le projet de résolution qui devrait être présenté au Conseil de sécurité de l'Onu".

"Nous ne pouvons pas attendre indéfiniment le bon vouloir du Liban et ce, d'autant plus, que le Liban a rejeté plusieurs paragraphes clés du texte, notamment sur le déploiement d'une force internationale avec des pouvoirs", a poursuivi ce responsable.

Au 31e jour de l'offensive de Tsahal, chasseurs bombardiers, canons d'artillerie et patrouilleurs de la marine ont pilonné le nord, l'est et le sud du pays, de même que la banlieue sud de Beyrouth, un fief du Hezbollah libanais chiite, visée par une série de raids intenses.

Quinze civils ont été tués, selon la police.

A Genève, le Conseil des droits de l'homme de l'Onu a adopté une résolution dénonçant les opérations militaires israéliennes au Liban et demandant une enquête sur les attaques "systématiques" par Israël contre les civils.

Le Haut commissaire de l'Onu aux droits de l'Homme Louise Arbour avait prévenu avant le vote que les responsables pouvaient être poursuivis pour crimes de guerre.

Témoignant de la volonté de parvenir au plus vite à un accord sur une résolution, le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy se rend dans la journée au siège de l'ONU à New York, où sont déjà arrivées la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et la secrétaire britannique au Foreign Office Margaret Beckett.

"Je souhaite ardemment qu'il y ait un vote cet après-midi", a déclaré l'ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu, John Bolton, en ajoutant: "nous nous rapprochons" d'un accord.

Les ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité doivent de nouveau se réunir dans la journée.

Parallèlement, l'émissaire américain David Welch a rencontré à Beyrouth le Premier ministre libanais Fouad Siniora, qui a fait état de progrès lents, "centimètre par centimètre", pour parvenir à un projet de résolution satisfaisant pour le Liban.

Perdant patience devant la prolongation des tractations, la Russie a déposé un texte très court devant le Conseil de sécurité, dont elle vise l'adoption vendredi, appelant à "une cessation immédiate et complète des hostilités pour une période de 72 heures, pour raisons humanitaires".

Israël s'est opposé au projet russe, son ambassadeur à l'ONU Dan Gillerman estimant qu'il "permettrait au Hezbollah de reprendre ses forces et de se réorganiser".

M. Bolton a également fraîchement accueilli cette initiative, affirmant que son pays et la France tentaient de trouver une solution "permanente et durable".

L'essentiel des discussions porte désormais sur la date et les modalités d'un retrait des troupes israéliennes du Liban sud et de leur remplacement par l'armée libanaise, en coordination avec la Finul (Force intérimaire de l'Onu au Liban), selon les diplomates.

La France a proposé un aménagement du projet initial suggérant qu'il prévoie un retrait graduel des forces israéliennes et leur remplacement progressif par l'armée libanaise. La première mouture avait été rejetée par le Liban car elle ne prévoyait pas de retrait immédiat israélien après une trêve.

M. Olmert s'est quant à lui montré prudent. "Les propositions sont intéressantes mais soulèvent encore beaucoup d'interrogations", selon la présidence du Conseil.

Un haut responsable s'est inquiété que "l'accord en vue ne prévoit pas le retour des deux soldats enlevés" le 12 juillet par le Hezbollah à la frontière, acte qui a déclenché le conflit.

Dans les secteurs frontaliers au Liban sud, les combats se poursuivaient entre unités israéliennes et combattants du Hezbollah, où un soldat israélien a été tué, selon la télévision du Qatar Al-Jazira.

Selon une source militaire israélienne, 16 soldats de Tsahal ont été blessés dans des accrochages.

De son côté, la milice chiite a affirmé avoir "frappé et coulé" un patrouilleur de l'armée israélienne au large des côtes sud du Liban, ce qu'une porte-parole de Tsahal a démenti.

De nouveaux tracts ont été largués par les Israéliens sur Beyrouth et Saïda, affirmant que le Hezbollah cachait ses pertes et donnant une "première liste" de 93 noms de combattants tués, alors que la milice chiite a reconnu la mort de 58 "martyrs".

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