Israël suspend en partie ses raids mais continue de rejeter un cessez-le-feu

Israël a exclu lundi tout cessez-le-feu "dans les prochains jours" dans son offensive contre le Hezbollah libanais, après avoir accepté, sous la pression américaine, une suspension partielle de 48 heures de ses raids aériens au Liban à la suite de la tragédie de Cana.

(afp) Alors que les affrontements se poursuivaient au Liban sud, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a réaffirmé qu'"il n'y aurait pas de cessez-le-feu dans les prochains jours".

"Nous continuons à nous battre", a-t-il dit en ajoutant que le conflit au Liban, entré dans son 20e jour, finirait avec la fin des menaces contre Israël.

En dépit de la suspension des raids annoncée dans la nuit, l'aviation israélienne a bombardé lundi des positions des combattants chiites du Hezbollah en appui des "forces terrestres" dans le sud du Liban, où de violents combats se déroulaient, selon l'armée israélienne.

L'aviation a également conduit deux raids près des douanes libanaises, à la frontière avec la Syrie, blessant cinq personnes dont quatre fonctionnaires libanais, selon des sources de sécurité libanaises.

La poursuite des affrontements et la détermination affichée lundi par le gouvernement israélien de refuser un cessez-le-feu tant que ses objectifs ne seraient pas atteints au Liban mettaient un bémol aux propos plutôt optimistes tenus par la secrétaire d'Etat américaine avant son départ de Jérusalem lundi matin.

Condoleezza Rice a affirmé, avant son retour à Washington, sa "conviction" qu'un "cessez-le-feu urgent" et "un règlement durable" étaient possibles dès cette semaine, après avoir obtenu d'Israël une suspension partielle des raids aériens à partir de lundi 02h00 (dimanche 23h00 GMT).

Cette suspension partielle --Tsahal se réservant le droit de frapper des combattants du Hezbollah-- a été décidée, selon l'armée israélienne, "pour permettre à la population du sud du Liban d'évacuer cette région", après le bombardement de Cana qui a fait au moins 52 morts, dont 30 enfants.

Des dizaines de milliers de Libanais ont ainsi profité de cette accalmie relative dans les raids aériens pour fuir le sud du Liban.

Des secouristes ont pu acheminer de l'aide et les ambulances évacuer malades et personnes âgées, notamment dans la localité dévastée de Beit Jbeil, inaccessible jusque là en raison des combats entre soldats israéliens et combattants du Hezbollah chiite.

Le bombardement de Cana dimanche, le plus meurtrier depuis le début de l'offensive israélienne le 12 juillet après la capture de deux soldats par le Hezbollah, a suscité de vives protestations à travers le monde et un regain d'activité diplomatique pour mettre un terme à ce bain de sang.

Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy se trouvait à Beyrouth où il a souligné le "rôle important de stabilisation" dans la région que joue selon lui l'Iran, pourtant accusé par Israël de soutenir, avec la Syrie, le Hezbollah chiite.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, est arrivé lundi soir à Beyrouth pour, a-t-il dit, soutenir le peuple et le gouvernement libanais et dénoncer le "crime haineux" israélien à Cana.

A l'Onu, le Conseil de sécurité a pour sa part prolongé d'un mois le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui compte quelque 2.000 soldats, afin de se donner le temps de discuter de la création d'une force internationale plus musclée prônée par les Etats-Unis.

Mme Rice a fait état d'un plan en trois parties comprenant un cessez-le-feu, les principes politiques permettant un règlement à long terme et l'autorisation pour une force internationale de se déployer pour aider l'armée libanaise à étendre son autorité sur l'ensemble du territoire.

La France faisait pour sa part circuler un projet de résolution réclamant une cessation immédiate des hostilités, un texte qui a peu de chances d'être voté du fait de l'opposition américaine.

Depuis le début du conflit, Washington et Londres soutiennent l'Etat hébreu dans son rejet d'un cessez-le-feu immédiat, qui, d'après eux, garantirait une reprise ultérieure de la violence.

Sur le terrain, le Hezbollah a lui affirmé avoir détruit par un tir de missile un navire de guerre israélien au large de Tyr (sud), ce que Tsahal a aussitôt démenti.

Un soldat libanais avait été tué et trois blessés plus tôt dans un bombardement naval israélien au nord du port de Tyr.

La police israélienne a elle évoqué une accalmie des tirs de roquettes du Hezbollah sur le nord d'Israël.

Mais de violents accrochages opposaient toujours au Liban sud des unités israéliennes et des combattants du Hezbollah pour le contrôle d'une colline proche de la frontière, dans le secteur de Taïbé.

L'armée israélienne s'est donnée pour objectif d'éloigner les combattants du Hezbollah de la frontière et de les désarmer, afin de mettre fin à la pluie de près de 2.000 roquettes qui s'est abattue sur le nord d'Israël depuis près de trois semaines.

Le bilan de l'offensive israélienne s'établissait lundi à 540 morts au Liban, dont 462 civils, selon un décompte de l'AFP.

Dix-huit civils israéliens ont pour leur part été tués par des tirs de roquettes Katioucha du Hezbollah, alors que 33 militaires sont morts dans le cadre de l'offensive israélienne au Liban sud.

Le conflit a également fait plus de 800.000 déplacés et entraîné l'évacuation du Liban de dizaines de milliers d'étrangers.

Parallèlement, l'armée israélienne mène depuis le 28 juin une opération dans la bande de Gaza pour retrouver un soldat capturé par des groupes palestiniens. 149 Palestiniens et un soldat israélien ont péri depuis le début de cette offensive.

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