Kim Jong-II menace d'une guerre totale

Le numéro un nord-coréen Kim Jong-Il a refusé dimanche de faire "la moindre concession" aux Etats-Unis et a averti que son pays était prêt à une "guerre totale" après les tirs d'essai de sept missiles, selon la télévision nord-coréenne captée à Séoul.

L'Inde vient également de tester le nouveau Agni-III. Sur la photo, le missile Agni-II - Photo: Belga

(l'écho avec afp/belga) - Ce dimanche, l'Inde a également procédé à son premier essai d'un missile balistique de moyenne portée à capacité nucléaire susceptible d'atteindre les villes chinoises de Pékin et de Shanghai, ont annoncé des responsables indiens de la Défense.

"Le général (Kim Jong-il) a déclaré que pas la moindre concession ne serait faite aux envahisseurs impérialistes américains, notre ennemi de toujours", d'après une émission diffusée par la télévision d'Etat nord-coréenne et reprise par l'agence sud-coréenne Yonhap.

La Corée du Nord est prête à "la guerre totale" en cas de "vengeance" des Etats-Unis, a ajouté le dirigeant, dans une rare intervention.

"Il ne s'agit pas de paroles creuses" pour la Corée du Nord lorsqu'elle avertit qu'elle va "répondre par une vengeance à toute vengeance d'un ennemi, et par une guerre totale à une guerre totale", a ajouté le programme télévisé, citant de manière indirecte le dirigeant nord-coréen.

Cette déclaration, dans la plus pure ligne des propos belliqueux du régime communiste, intervient tandis que doit être annoncée lundi la date d'un vote au Conseil de sécurité de l'ONU sur un projet de résolution condamnant les tirs d'essai de sept missiles effectués mercredi par la Corée du Nord.

Ce projet, présenté par le Japon et soutenu par les pays occidentaux, invoque le chapitre VII de la Charte des Nations unies, ouvrant la voie à des sanctions et, en dernier ressort, à un recours à la force.

Pyongyang avait déjà menacé d'"actions physiques plus vigoureuses" que ses tirs d'essai de missiles en cas de sanctions internationales.

Avec le ton de défi qui lui est familier, le numéro un nord-coréen a raillé les déclarations américaines selon lesquelles Pyongyang serait au bord du gouffre.

"Au moment où les impérialistes s'agitent bruyamment sur l'effondrement de notre République et tentent de comploter contre nous, le général leur a infligé un coup en déclarant avec fermeté : 'n'attendez aucun changement de ma part'. C'est la conviction du général, son désir et son courage, que nous devrions répondre au couteau de l'ennemi avec une épée et au pistolet de l'ennemi avec un canon", a poursuivi la télévision.

"Avec une telle conviction et une telle volonté, le général obtient la victoire et protège le socialisme dans le conflit féroce avec les impérialistes américains", ajoute l'émission.

La télévision n'a pas précisé de quand dataient ces propos.

La Corée du Nord répète à l'envi qu'elle résistera par la force à la volonté qu'elle prête aux Etats-Unis de l'envahir et par laquelle elle tente de justifier le renforcement de sa puissance militaire et nucléaire "d'auto-défense".

C'est dans ce cadre que le régime a procédé mercredi à sept tirs d'essai de missiles, dont un Taepodong-2 susceptible de frapper l'Alaska. L'ensemble des engins se sont cependant abîmés en mer peu après leur décollage.

Droit d'attaquer

Le Japon aurait le droit d'attaquer la Corée du Nord en cas de menace nucléaire directe, afin de se protéger, a affirmé dimanche son ministre des Affaires étrangères Taro Aso.

"Il nous est impossible de ne rien faire si nous sommes attaqués par un pays qui dit avoir des armes nucléaires et qui pourrait tirer des missiles contre le Japon", a déclaré M. Aso à la télévision.

Le Japon est doté depuis 1947 d'une Constitution pacifiste qui lui interdit de recourir à la force en cas de conflit, et donc à toute frappe préventive.

Toutefois, M. Aso a estimé que le droit d'attaquer le premier pouvait se justifier constitutionnellement "au moins en ce qui concerne les circonstances actuelles afin de garantir la sécurité de la population".

"Il est naturel qu'une nation souveraine ait une capacité offensive limitée contre un territoire ennemi afin de protéger ses propres citoyens", a renchéri le ministre de la Défense Fukushiro Nukaga.

Missile indien

Le test d'un missile Agni-III s'est déroulé à Wheeler Island, à 180 kilomètres au nord-est de Bhubaneswar, capitale de l'Etat indien d'Orissa (Est), selon la même source.

Le ministre de la Défense Pranab Mukherjee avait annoncé en mai que le missile était prêt.

Le test intervient en pleine crise suscitée par le tir d'essai mercredi d'au moins sept missiles nord-coréens, dont un Taeopodong-2 d'une portée suffisante pour frapper l'Alaska. L'ensemble des engins de la Corée du Nord se sont abîmés en mer du Japon peu après leur décollage.

L'Inde, puissance nucléaire déclarée depuis 1998, a déjà mis au point et déployé plusieurs missiles balistiques à capacité nucléaire.

Elle entend couronner son programme avec un missile balistique d'une portée de 5.000 km baptisé Surya (Soleil) pour se donner la capacité militaire de frapper au-delà de l'Asie du Sud.

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