L'ancien vice-président Ramadan a été pendu

L'ancien vice-président irakien Taha Yassine Ramadan, un proche de Saddam Hussein, condamné à mort pour l'exécution de 148 villageois chiites dans les années 1980, a été pendu mardi à 3h05 (00h05 GMT), selon un membre du bureau du Premier ministre.

(afp) "M. Ramadan a été pendu à 03h05. L'exécution s'est déroulée sans incident et sans violation" de la loi, a affirmé à l'AFP ce responsable qui a requis l'anonymat.Des membres du cabinet du Premier ministre Nouri al-Maliki et du ministère de la Justice, ainsi qu'un médecin, un juge et un avocat du condamné, assistaient à l'exécution, selon la même source.Après l'ancien président Saddam Hussein, pendu le 30 décembre ainsi que le demi-frère de Saddam Hussein, Barzan al-Tikriti, et l'ancien président du tribunal révolutionnaire Awad al-Bandar, exécutés le 15 janvier, Taha Yassine Ramadan est le quatrième haut dirigeant du régime bassiste a être exécuté.Son exécution survient le jour du 4e anniversaire de l'invasion américaine.

Ramadan, dont la peine de mort avait été confirmée le 15 mars, avait été condamné à mort par pendaison le 12 février par le Haut tribunal irakien. Il avait initialement été condamné à la réclusion à la perpétuité en novembre 2006 dans le cadre du procès de Doujaïl, nom du village dont les habitants avaient été exécutés.Le 26 décembre, la Chambre des appels avait ordonné le renvoi de l'affaire concernant Ramadan devant le Haut tribunal, estimant que le verdict rendu était trop clément et avait demandé au tribunal d'envisager plus de sévérité.

Ramadan était le dernier haut responsable du régime sous le coup d'une condamnation à mort, mais le procès Anfal, nom d'une campagne contre les Kurdes, est actuellement en cours alors que d'autres affaires sont toujours à l'instruction. De nombreux accusés risquent la peine de mort.Interrogé lundi soir, l'avocat Badie Aref, qui a participé à la défense de Saddam Hussein, avait confié à l'AFP que Ramadan avait "eu le droit d'appeler sa famille. L'avocat (de Ramadan) m'a dit qu'il était calme et serein. Il a demandé à sa famille et ses amis de prier pour lui et affirmé qu'il n'avait pas peur de la mort".L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International avait estimé que la condamnation à mort de Ramadan en février était "un déni de justice" pour les victimes de ses crimes.

Les conditions de l'exécution de Saddam Hussein, en partie filmée par la TV irakienne, avaient été critiquées à travers le monde, l'ancien dictateur ayant reçu des injures avant son exécution, dont plusieurs vidéos clandestines avaient montré les détails. Des cris de joie avaient aussi accueilli sa mort.Celle de Barzan al-Tikriti avait aussi donné lieu à une polémique, sa tête s'étant détachée de son corps.

Né en 1938 à Mossoul (nord), M. Ramadan, un Kurde sunnite, avait fondé en 1970 l'Armée populaire, la milice du parti Baas. Il était également membre du Conseil du Commandement de la révolution (CCR), la plus haute instance dirigeante de l'Irak.Vice-président depuis 1991, il fut l'un des plus farouches critiques des inspecteurs en désarmement de l'ONU. Il avait aussi été accusé par des Irakiens en exil de crimes contre l'humanité, notamment dans son implication dans le meurtre de centaines de Kurdes en 1988.En janvier 2002, il avait affirmé que "s'il y a un seul terroriste au monde, c'est l'Amérique", taxant deux mois plus tard le président américain George W. Bush de "criminel".148 villageois chiites de Doujaïl au nord de Bagdad avaient été exécutés en représailles à un attentat manqué contre le convoi présidentiel en 1982.

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