L'Argentine restructure sa dette pour accéder aux marchés financiers

Il s'agit de séduire un maximum de créanciers privés, qui avaient refusé le précédent accord de renégociation de la dette.

(AFP) - L'Argentine présente mercredi une proposition pour restructurer sa dette impayée, dans le but de retrouver l'accès aux marchés financiers dont elle est exclue depuis sa décision d'interrompre son paiement fin 2001, en pleine débâcle économique.

L'échange d'anciens titres impayés contre de nouveaux représentant plus de la moitié de leur valeur porte sur 20 milliards de dollars de dette et 9 milliards de dollars d'intérêts accumulés depuis 2005.
Il s'agit de séduire un maximum de créanciers privés, appelés "holdouts", qui avaient refusé le précédent accord de renégociation de la dette, lancé en juin 2005 par le président Nestor Kirchner (2003-2007), mari de l'actuel chef de l'Etat, Cristina Kirchner (photo).

L'Argentine avait pu alors négocier 76,15% du montant proposé, soit 81,8 milliards de dollars, mais les créanciers détenant les autres 23,85% avaient refusé la transaction et livré depuis une bataille judiciaire qui a souvent valu au pays le gel d'avoirs à l'étranger.
Le gouvernement argentin avait assuré qu'il n'y aura plus jamais d'échange, mais a dû changer d'avis devant l'impossibilité d'emprunter sur les marchés financiers à des taux inférieurs à 14%.
"Nous sommes convaincus que ce sera une réussite", a déclaré vendredi Mme Kirchner en visite à Washington.

Pour certains économistes, 75 à 80% des "holdouts" pourraient accepter la nouvelle offre argentine. Le gouvernement, prudent, assure viser 60% d'acceptation.
La différence n'est pas sans conséquence. "A moins de 60%, le problème des holdouts demeure", estime un diplomate européen spécialiste du dossier. "En revanche, à 80% les marchés estimeront qu'il est réglé".

Redevenir crédible

Quel que soit le résultat, les analystes s'accordent sur les retombées positives de cet échange.
"C'est une étape nécessaire pour redevenir crédible, faire baisser le risque pays et pouvoir emprunter à des taux raisonnables", dit Dante Sica, de l'institut Abeceb.com.
Pour Ramiro Castineira, du cabinet Econometrica, l'échange "rapprochera le pays des marchés financiers et rassurera sur sa capacité à régler sa dette".

Le gouvernement argentin a remboursé début avril des créanciers privés à hauteur de 203,6 millions de dollars avec des réserves de la Banque centrale, après y avoir été autorisé par la justice.
Ces paiements sont intervenus après trois mois de crise de l'institution monétaire, dont le président a été poussé à la démission après avoir refusé de puiser dans les réserves pour régler une partie de cette dette.

L'opposition, qui avait saisi la justice, n'a pas baissé les bras et veut amender le texte au parlement.
La dette argentine pour 2010 est de 15 milliards de dollars, sur un total de 147 milliards de dollars (50% du PIB).

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