L'armée israélienne prend pied au Liban

Israël, décidé à en finir avec le Hezbollah, a installé une tête de pont militaire au Liban, pour la première fois depuis mai 2000, ouvrant la voie à une attaque terrestre, après une intense campagne de frappes aériennes. Les Etats-Unis s'opposent à un cessez-le-feu.

(belga) Samedi, les bombardements israéliens ont détruit des relais de transmission de radios, de télévisions et de réseaux de téléphones cellulaires.

Le seul pays qui pourrait encore prévenir une opération terrestre d'envergure, les Etats-Unis, se refusent à appeler à un cessez-le-feu, concaincus que l'élimination du parti chiite peut être propice à la paix au Moyen-Orient.

Des responsables internationaux, comme le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, ont averti pourtant des dangers d'une escalalade militaire, et la France a de nouveau brandi les risques de 'destruction' du Liban.

Pour mettre à l'abri les ressortissants étrangers, des opérations d'évacuation étaient en cours avec des navires qui transportent des milliers de civils vers Chypre, mais quelque 500.000 Libanais déplacés vivent dans des conditions de plus en plus précaires.

'Nous pensons que la spirale de la violence ne peut amener à rien de durable. Le seul dialogue politique peut amener à des solutions durables', a averti le ministre français des Affaires Etrangères Philippe Douste-Blazy, en tournée au Moyen Orient.

'Si on ne fait pas ça, c'est la destruction de l'Etat libanais', a estimé le ministre français à la suite d'une rencontre au Caire avec son homologue égyptien Ahmed Aboul Gheit.

Les Etats-Unis, qui ont en ligne de mire la Syrie et l'Iran, les deux soutiens de la formation chiite, s'opposent à un cessez-le-feu qui ne serait pas accompagné du désarmement du Hezbollah. Par contre, la Russie exige une trêve, et l'Union européenne est partagée.

Le président américain George W. Bush a estimé que la Syrie et l'Iran 'menacent le Moyen Orient': Les actions de ces deux pays, avec qui Washington refuse d'avoir des contacts directs, 'gênent à résoudre la crise actuelle et à apporter une paix durable dans cette région troublée', a assuré M. Bush.

L'armée israélienne conduit depuis plusieurs jours des incursions en territoires libanais, et elle a déployé des soldats, appuyés par quatre blindés, dans un secteur proche de la frontière, reprenant pied au Liban pour la première fois depuis six ans.

Cette poussée en territoire libanais fait craindre à la population locale une réédition des expéditions militaires israéliennes de 1978 et de 1982, qui s'étaient accompagnées de violences et de destructions et avaient conduit à une occupation de plus de 20 ans.

Israël a mobilisé des renforts le long de sa frontière, alors que les bombardements se sont poursuivis visant des antennes de transmission installées à Fatka dans la montagne chrétienne du Kesrouan (nord est de Beyrouth) et de Terbol (nord est de Tripoli).

Les télévisions libanaises diffusent des images montrant la destruction de relais de transmission de Télé Liban (officielle), de plusieurs chaînes de télévision et de radios privées, dont la LBC et de Future TV, ainsi que de téléphones portables.

Dans le sud du pays, les avions israéliens ont pilonné la ville de Khiam, qui abritait une prison tristement célèbre, et était devenue le symbole de la fin de l'occupation israélienne du Liban en mai 2000.

Un chef de famille a été tué et ses deux enfants blessés dans un bombardement israélien qui a visé le village druze de Kfardiss, dans le sud-est du Liban, d'où le Hezbollah venait de tirer une salve de 12 roquettes, selon la police. Près du port de Tyr, à 83 km au sud de Beyrouth, un homme et son épouse ont été tués et leurs quatre enfants blessés.

Ces nouvelles victimes portent à 344 le nombre de personnes tuées, dont 308 civils et 24 militaires, depuis le déclenchement de l'offensive israélienne le 12 juillet au Liban après la capture par le Hezbollah de deux soldats israéliens et la mort de huit autres.

Trente trois israéliens ont été tués depuis le début des hostilités.

Face à la dégradation de la situation, les évacuations d'étrangers vers Chypre se poursuivaient samedi.

Plus de septante roquettes tirées par le Hezbollah se sont abattues samedi matin sur le nord d'Israël, faisant deux blessés légers, a-t-on appris de source policière.

'Plus de 70 roquettes sont tombées sur le nord depuis 10h00 (7h00 GMT)', a indiqué un porte-parole de la police, Micky Rosenfeld, faisant état de 'deux blessés légers et de personnes en état de choc'.

Un porte-parole de l'armée israélienne a indiqué pour sa part qu'environ 50 roquettes s'étaient abattues sur le nord, à portée des 'katioucha' du Hezbollah libanais.

'Des roquettes ont explosé dans le secteur de Kiriat Shmona en haute Galilée. Il n'y a pas eu de blessé', avait précisé plus tôt Micky Rosenfeld.

Dans le seul secteur de cette localité située près de la frontière libanaise, 26 roquettes ont été tirées, a-t-il précisé.

D'autres roquettes sont tombées dans toute la Galilée, notamment à Carmiel, Nahariya, Safed, ou encore sur le plateau syrien du Golan occupé par Israël.

Une maison a été atteinte de plein fouet à Carmiel, selon Dany Hadad, un responsable de la police locale.

Depuis le début de l'offensive de l'armée israélienne contre le Hezbollah, le 12 juillet, le mouvement chiite libanais a tiré plus de 900 roquettes sur le nord du pays, selon l'armée.

Les Etats-Unis ont accélé la livraison d'une commande de bombes à guidage de précision à Israël, qui en a demandé la livraison la semaine dernière après le début de ses bombardements contre les installations du Hezbollah au Liban, a rapporté samedi le New York Times.

Citant des responsables américains ayant requis l'anonymat, le journal indique que la décision d'envoyer des bombes à Israël a été prise sans trop de débat au sein de l'administration Bush.

Le quotidien newyorkais indique que cette révélation risque d'irriter les gouvernements arabes et d'autres pays car 'cela donne l'impression que les Etats-Unis aident la campagne de bombardements israëliens d'une manière qui peut être comparée aux efforts de l'Iran pour armer et approvisionner le Hezbollah'.

Selon les sources interrogées par le quotidien, les munitions envoyées par Washington font partie d'une vente d'armes de plusieurs millions de dollars conclue l'an dernier avec Israël sur laquelle ce pays peut s'approvisionner à sa convenance.

Mais la demande d'Israël d'accélerer la livraison de bombes laser et à guidage de précision est considérée comme 'inhabituelle par certains responsables militaires et pourrait indiquer qu'Israël a encore une longue liste de cibles qu'il veut bombarder au Liban' ajoute le New York Times.

Le journal indique que le Pentagone et des responsables militaires interrogés ont refusé de donner des détails sur la taille et le contenu de la livraison à Israël.

(photo belga)

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