L'ex-président libérien Taylor en route pour La Haye

L'ex-président libérien Charles Taylor, qui doit être jugé pour crimes contre l'humanité par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone dans les locaux de la Cour pénale internationale à La Haye, "est en route pour les Pays-Bas", a confirmé mardi le ministère des Affaires étrangères néerlandais.

(afp) Charles Taylor "est en route pour La Haye. Je ne peux pas donner plus d'informations pratiques en raison de règles de sécurité", a déclaré à l'AFP Gijs Gerlag, un porte-parole du ministère.

Dans une déclaration diffusée mardi après-midi, le ministre néerlandais des Affaires étrangères Bernard Bot s'est "réjoui" du transfert de Taylor. "L'attention peut à présent se porter sur le procès (...) C'est un signal de la communauté internationale que l'impunité ne sera pas tolérée", a-t-il dit. Charles Taylor est transporté "par un avion des Nations unies" depuis la Sierra Leone, a-t-il précisé.

Selon l'agence de presse néerlandaise ANP, le détenu doit atterrir à l'aéroport de Rotterdam. M. Gerlag a également indiqué que l'ex-dictateur libérien est attendu au Centre de détention de Scheveningen, où sont enfermés les détenus du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI) et de la Cour pénale internationale (CPI). C'est dans ce bâtiment, situé dans une banlieue résidentielle de La Haye, qu'est mort l'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic, le 11 mars.

Charles Taylor, 58 ans, était détenu depuis mars par le TSSL à Freetown. L'ancien chef de guerre libérien a été inculpé en mars 2003 de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et autres violations graves des droits de l'homme par le TSSL, pour son implication dans la guerre civile en Sierra Leone. Son acte d'accusation comporte 11 chefs d'inculpation, regroupés sous les chapitres suivants: "exécutions extrajudiciaires, violences sexuelles, violences physiques (notamment mutilations), utilisation d'enfants soldats, enlèvements et travail forcé, pillages".

La guerre civile en Sierra Leone a duré de 1991 à 2001 et fait quelque 120.000 morts. Le TSSL, arguant de raisons de sécurité, avait réclamé cette délocalisation pour préserver la stabilité en Sierra Leone et dans la région.

Au lendemain de l'annonce par la Grande-Bretagne qu'elle accepterait de voir Taylor purger sa peine sur son sol au cas où il serait condamné par le TSSL, le Conseil de sécurité de l'Onu adopté vendredi une résolution, à l'unanimité de ses quinze membres, autorisant le transfert du procès aux Pays-Bas.

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