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L'Iran nie avoir assemblé des centrifugeuses et gêné les inspecteurs

(afp) Un haut responsable iranien, interrogé par l'AFP, a démenti vendredi l'assemblage de nouvelles centrifugeuses dans le site d'enrichissement de Natanz (centre) et toute restriction dans le travail des inspecteurs de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA)."Nous n'avons pas commencé l'installation de nouvelles centrifugeuses", a déclaré ce responsable sous le couvert de l'anonymat.

Des diplomates basés à Vienne et proches de l'AIEA ont déclaré jeudi à l'AFP que l'Iran avaient commencé à assembler les premières des 3.000 centrifugeuses qu'il veut installer dans un site souterrain pour enrichir de l'uranium malgré les appels de l'ONU et avait restreint le travail des inspecteurs de l'AIEA. "La construction a commencé, mais les cascades n'ont pas encore été assemblées", a déclaré l'un de ces diplomates. Selon un autre diplomate, la mise en place des pièces de centrifugeuses a débuté la semaine dernière. L'Iran utilise deux cascades de 164 centrifugeuses chacune à des fins de recherche à Natanz.

L'enrichissement d'uranium, limité à 5% comme c'est le cas actuellement en Iran, sert à fabriquer du combustible pour les centrales nucléaires civiles mais la même technologie peut permettre d'enrichir l'uranium à plus de 90%, utilisable pour la fabrication de l'arme atomique. Les experts considèrent que 3.000 centrifugeuses est le seuil pour passer au stade industriel de l'enrichissement. Avec 3.000 centrifugeuses, l'Iran sera théoriquement capable de produire en un an assez d'uranium hautement enrichi pour fabriquer une bombe atomique.

Le projet d'installer 3.000 centrifugeuses à Natanz avait donné lieu samedi à des déclarations contradictoires en Iran, un responsable parlementaire affirmant qu'il était lancé avant que l'information ne soit formellement démentie par l'Organisation iranienne de l'énergie atomique. Des diplomates basés à Vienne ont aussi indiqué jeudi que l'Iran empêchait des inspecteurs de l'AIEA d'installer des caméras de surveillance dans la partie souterraine de Natanz. La surveillance de telles installations par des caméras et des inspections est prévue par les accords du Traité de Non-prolifération (TNP) dont l'Iran est signataire. "Il n'y a aucune restriction et le travail des inspecteurs de l'agence conformément au Traité de non prolifération se poursuit", a déclaré à l'AFP le même responsable iranien. "Dans le cadre des engagements de l'Iran vis-à-vis de l'AIEA, il n'y a et il n'y aura aucune restriction pour l'accès des inspecteurs", a-t-il poursuivi.

Un groupe d'inpecteurs de l'AIEA a quitté l'Iran jeudi soir après s'être rendu sur les sites nucléaires d'Ispahan et de Natanz. "Les Iraniens ne sont actuellement disposés à accepter l'installation de caméras qu'à l'extérieur des salles où se trouvent les cascades, ce qui ne permet pas à l'AIEA de surveiller l'ensemble du processus d'enrichissement d'uranium", a déclaré un diplomate qui a requis l'anonymat. Mais, les Iraniens n'ont pas encore introduit le combustible, de l'uranium gazeux, dans les centrifugeuses et les inspecteurs ont donc "du temps devant eux", a dit une source diplomatique. Téhéran est sous le coup de sanctions limitées décidées par le Conseil de sécurité de l'ONU pour le contraindre à suspendre toutes ses activités d'enrichissement de l'uranium. Ce qu'il refuse.

L'Iran est soupçonné par les Etats-Unis et d'autres pays de vouloir, sous couvert d'un programme nucléaire civil, se doter de l'arme atomique. Conformément à la résolution du Conseil de sécurité du 23 décembre, le directeur de l'AIEA, Mohammed ElBaradei devrait produire un rapport le 21 février prochain, et constater alors que les Iraniens ont ignoré les demandes onusiennes. Ces développements interviennent alors que les Etats-Unis font pression sur leurs alliés européens pour un renforcement des sanctions.

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