L'OMC ouvre sa première grand-messe en 4 ans, tournée vers les USA

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Lundi s'est ouverte à Genève la première grand-messe de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 4 ans, l'occasion pour beaucoup de faire pression sur les Etats-Unis afin d'obtenir un engagement sur le cycle de Doha.

(afp) - Plus d'une centaine de ministres suivis de 2.700 délégués devaient ouvrir lundi à Genève la première grand-messe de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 4 ans, l'occasion pour beaucoup de faire pression sur les Etats-Unis afin d'obtenir un engagement sur le cycle de Doha.

Alors que le commerce mondial connaît une année noire avec une chute attendue de plus de 10% du volume des échanges, la première grande réunion de l'OMC depuis Hong Kong en 2005 se penchera sur "le système commercial multilatéral et l'environnement économique mondial actuel".

Les ministres chargés du Commerce représentant les plus grandes économies (Ron Kirk pour les Etats-Unis, Catherine Ashton pour l'Union européenne...), les pays émergents (Inde, Brésil et Chine), comme les plus pauvres, doivent ainsi "faire le point sur la façon dont l'organisation dans son ensemble opère et comment les règles sont appliquées", a expliqué le directeur de l'OMC Pascal Lamy.
Ainsi, contrairement aux précédentes éditions, cette septième ministérielle n'est pas destinée à négocier le cycle de Doha de libéralisation des échanges.

Le "round" entamé dans la capitale du Qatar en 2001 est totalement paralysé depuis des mois, en l'absence d'un réel engagement des Américains, selon les experts.

Le sujet devrait malgré tout dominer les entretiens bilatéraux des hauts responsables en marge de la conférence.
Si M. Lamy attend au mieux "des ministres qu'ils aient une discussion sur la manière dont ils comptent conclure le cycle l'année prochaine", beaucoup espèrent entendre du côté de Washington des paroles plus concrètes.

A commencer par la centaine de pays en développement qui ont lancé un appel à peine voilé dimanche.

"Presque tous les pays membres de l'OMC, développés et en développement, sont en position" de défendre le multilatéralisme, ont-ils expliqué dans un communiqué. Mais aujourd'hui, "il y a un pays en particulier qui fait qu'on n'avance pas", a confié à l'AFP le ministre brésilien des Affaires étrangères Celso Amorim sans vouloir le nommer.

Sous couvert d'anonymat, un diplomate latino-américain reconnaît: "il manque clairement une position plus explicite des Etats Unis".
"La ministérielle doit permettre de faire pression" sur l'administration du président Barack Obama, explique-t-il.
"Il faut les aider à catalyser un processus interne", insiste le diplomate, faisant valoir que les pressions extérieures ont parfois fonctionné, comme dans le dossier du climat.

"La réforme de la santé passée, les Américains ont la possibilité de s'engager dans les négociations de Doha", veut croire Richard Baldwin, spécialiste du Graduate Institute de Genève.

Mais les espoirs restent mitigés. "Le calendrier politique de l'administration américaine se focalise pour l'instant plus sur la réforme du système de santé, l'environnement ou la régulation financière que sur le commerce", relève M. Lamy.
Le discours du représentant au Commerce américain Ron Kirk, attendu lundi après-midi peu après l'ouverture de la conférence, pourrait lever le suspense.

Peu après son arrivée dimanche, il a assuré que les Etats-Unis jouaient un rôle de "leader" à l'OMC. "Cette ministérielle est une occasion importante (...) de poser les fondations d'un système commercial régulé et de considérer le potentiel d'une conclusion équilibrée et ambitieuse des négociations sur le cycle de Doha".

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