L'OMC se résoud à l'échec de cinq années de négociations

Les 149 pays membres de l'OMC vont devoir se résoudre à suspendre sine die leurs efforts pour instaurer un meilleur ordre commercial mondial après l'échec lundi à Genève des discussions entre six grandes puissances.

(afp) Les tractations entamées dimanche entre six grands acteurs de l'Organisation mondiale du commerce (G6 : Australie, Brésil, Etats-Unis, Inde, Japon, UE) ont échoué, mettant en péril près de cinq ans de négociations lancées à Doha, la capitale du Qatar, en 2001.

Elles ne reprendront pas à la fin de la semaine comme cela était prévu à l'origine, a-t-on indiqué de sources diplomatiques.

"Les pourparlers ont échoué. Il n'y a pas d'autre réunion prévue", a déclaré un diplomate à l'issue d'une brève réunion lundi matin au siège de l'OMC entre les ministres des cinq pays et le commissaire européen Peter Mandelson.

Le diplomate a souligné qu'il reviendrait à l'ensemble des 149 pays membres de l'OMC de décider de suspendre le cycle de Doha, qui devait être conclu avant la fin de l'année.

"Le G6 n'étant pas capable de réduire ses divergences, il n'y a aucune chance pour que les autres participants puissent se mettre d'accord. On ne voit pas très bien ce qu'il y a d'autre à faire que de suspendre les discussions", a-t-il observé.

"Compte tenu de la situation présente, il paraît clair que ramener les ministres ici ne serait pas très utile", a ajouté le diplomate.

Une autre session de négociations ministérielles à six était initialement prévue vendredi et samedi à Genève.

Le cycle de Doha vise à mettre en place un commerce mondial plus équitable envers les pays pauvres, notamment dans le domaine agricole.

Mais les discussions buttent sur un différend de longue date entre les pays du Nord et ceux du Sud qui réclament une baisse des subventions agricoles des pays riches, accusées d'exercer une concurrence déloyale.

Les négociations sont compliquées par un différend euro-américain, Washington demandant à Bruxelles d'abaisser davantage ses droits de douane sur les importations agricoles.

Les négociations devaient absolument aboutir avant la fin de l'année afin qu'un éventuel accord puisse être ratifié par le Congrès américain. Les pouvoirs spéciaux de négociation de l'administration américaine expirent en effet l'an prochain, permettant au Congrès de détricoter un éventuel accord point par point au lieu de l'approuver ou de le rejeter en bloc.

Un accord à la fin juillet sur une baisse chiffrée des subventions et des droits de douane était considéré comme un préalable indispensable.

A la sortie de la réunion, la représentante américaine pour le Commerce, Susan Schwab, a expliqué qu'elle avait maintenu sa position en exigeant une ouverture accrue des marchés tiers aux exportations agricoles américaines.

"Malheureusement, nos partenaires semblaient plus intéressés par des échappatoires que par l'ouverture des marchés. Un cycle de Doha allégé n'a jamais été acceptable pour les Etats-Unis", a-t-elle lancé aux journalistes.

Mme Schwab s'était retrouvée isolée au début du mois à Genève, lors d'une réunion avec l'ensemble des pays de l'OMC, en refusant de s'engager sur de nouvelles baisses des subventions américaines sans contrepartie en termes d'exportations.

Elle n'a offert aucune nouvelle concession lors de la réunion à six, selon un diplomate d'un pays participant, malgré l'impulsion donnée la semaine dernière par le sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, qui avait demandé aux pays membres de l'OMC d'oeuvrer "de toute urgence" à la conclusion du cycle.

(photo: belga)

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés