L'ONU donne un mois à l'Iran pour arrêter l'enrichissement d'uranium

Le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté lundi une résolution dans laquelle il donne un mois à l'Iran, jusqu'au 31 août, pour cesser ses activités d'enrichissement d'uranium, faute de quoi il envisagera des sanctions.

(belga) La résolution, numérotée 1696, a été adoptée par 14 voix contre une, celle du Qatar.

Dans ce texte, le Conseil "exige que l'Iran suspende toute activité d'enrichissement et de retraitement, y compris la recherche et le développement, ce qui doit être vérifié par l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

Il demande pour le 31 août un rapport du directeur de l'AIEA, Mohamed el-Baradei, sur la manière dont l'Iran se sera conformé à la résolution.

Il invoque l'article 40 du chapitre VII de la Charte de l'Onu, prévoyant que des "mesures provisoires" peuvent être prises avant l'imposition d'autres mesures comme des sanctions.

Il annonce également l'intention du Conseil, au cas où l'Iran n'appliquerait pas la résolution, "d'adopter des mesures appropriées en vertu de l'article 41 du chapitre VII de la Charte des Nations unies pour persuader l'Iran de se conformer à la résolution".

Il est précisé que la prise de telles mesures devra faire l'objet "de nouvelles décisions" du Conseil. Cette phrase est destinée à souligner l'absence d'automaticité du recours éventuel à des sanctions, souci permanent de la Chine et de la Russie depuis les débats sur l'Irak de 2002-2003.

Selon l'article 41, le Conseil peut décider de "mesures n'impliquant pas le recours à la force armée pour donner effet à ses décisions". Ces mesures peuvent inclure l'interruption complète ou partielle des relations économiques ainsi que la rupture des relations diplomatiques.

Les ambassadeurs des Etats-Unis et de Russie avaient tous deux indiqué vendredi que ces passages de la résolution signifiaient que le Conseil "envisagerait" l'adoption de sanctions en cas de non-respect de la résolution par l'Iran d'ici au 31 août.

L'ambassadeur du Qatar, Abdulaziz Al-Nasser, a expliqué son vote négatif en exprimant la crainte d'une aggravation de la situation générale au Proche-Orient.

"Nous ne sommes pas d'accord avec l'adoption de cette résolution au moment où la région est en feu (...) Voulons-nous vraiment voir un nouveau volcan entrer en éruption dans la région?", a-t-il dit.

L'Iran a mis en garde dimanche le Conseil contre l'adoption d'une telle résolution, ajoutant que le conflit au Liban pourrait avoir un impact sur sa réponse à l'offre des grandes puissances pour régler la crise.

Les ministres des cinq "Grands" (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et de l'Allemagne avaient décidé au début du mois de renvoyer le dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité, en l'absence de réponse de Téhéran à un ensemble de propositions occidentales dans les domaines économique et de sécurité, offertes en échange d'un arrêt des activités nucléaires sensibles de l'Iran.

Depuis, Téhéran a affirmé à plusieurs reprises qu'il ne suspendrait pas ses activités d'enrichissement. Il a indiqué qu'il donnerait sa réponse le 22 août à l'offre comportant des incitations économiques que lui ont faite les six puissances en juin.

photo belga

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