L'UE envisage une force de sécurité au Kosovo

(afp) -  Les ministres allemand et français de la Défense ont présenté jeudi comme naturelle la perspective de créer au Kosovo une force lui permettant à terme d'assurer sa propre sécurité, quelques jours à peine après la déclaration d'indépendance de la province.

"Nous voulons constituer un corps chargé de la protection du Kosovo, nous voulons bâtir la force de sécurité du Kosovo, de façon à lui permettre d'assurer sa propre sécurité", a déclaré M. Jung à la presse avant l'ouverture d'une réunion informelle de deux jours avec ses homologues de l'Union européenne, à Brdo Pri Kranju, près de Ljubljana.

Entre temps, a-t-il estimé, "le déploiement de la force de l'Otan au Kosovo, la KFOR, restera nécessaire" sur le territoire de cette province serbe qui a déclaré unilatéralement dimanche son indépendance en dépit de l'opposition de Belgrade, mais avec le soutien de Washington et d'une majorité de pays de l'UE, dont la France et l'Allemagne.

Au cours de la réunion, "M. Jung a effectivement plaidé en ce sens mais il n'y a pas eu de débat" sur une armée du Kosovo, a précisé un diplomate européen.

En marge des travaux ministériels, son homologue français Hervé Morin a estimé "normale" la perspective d'une armée kosovare. "Il faut faire en sorte que le Kosovo se dote progressivement de ses institutions militaires, policières et judiciaires", a-t-il déclaré, ajoutant : "Nous n'avons pas vocation à rester éternellement au Kosovo".

Le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, a indiqué que l'UE, qui doit envoyer au Kosovo une mission de 1.800 personnes pour aider à l'établissement d'un Etat de droit, allait se concerter "bientôt" avec l'Otan à ce sujet. La réunion pourrait se tenir lundi à Bruxelles, selon une source diplomatique.

Les ministres de la Défense, examinant par ailleurs l'impact éventuel en Bosnie-Herzégovine des événements au Kosovo ont conclu que "les conditions ne sont pas mûres pour une nouvelle réduction ou un retrait" des soldats européens qui s'y trouvent encore, a reconnu M. Solana.

L'UE suit de près les événements en Bosnie, divisée après la guerre (1992-95) entre une partie serbe, qui pourrait être tentée de suivre l'exemple kosovar, et une fédération croato-musulmane.

En décembre 2004, l'Union y a, en effet, lancé une opération militaire, Eufor Althéa. Ses effectifs ayant été fortement réduits en un an, de 6.000 à 2.500, les ministres entendaient vérifier jeudi qu'elle était prête à toute éventualité.

Interrogé sur les manifestations dans l'entité serbe de Bosnie, qui ont vu des milliers de Serbes bosniaques protester jeudi, parfois violemment, contre l'indépendance du Kosovo, M. Solana a estimé qu'il n'y avait "rien là qui puisse créer une situation délétère".

Le président du comité militaire de l'UE, regroupant les chefs d'état-major des 27 de l'UE, le général français Henri Bentegeat s'est voulu lui aussi rassurant: "toutes les mesures de vigilance ont été prises" en Bosnie, a-t-il affirmé.

"Il y a des plans de renforcement" d'Althéa "si cela devenait nécessaire, mais aucune décision de ce genre n'est à attendre dans l'immédiat", a-t-il ajouté.

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