L'UE renonce à appeler à "un cessez-le-feu immédiat" au Liban

Les ministres européens des Affaires étrangères ont renoncé mardi à appeler à "un cessez-le-feu immédiat" au Liban face notamment à l'opposition du Royaume-Uni, préférant préconiser une "cessation immédiate des hostilités".

(afp) La présidence finlandaise de l'UE avait proposé à la mi-journée aux ministres européens des Affaires étrangères que l'Union appelle à un "cessez-le-feu immédiat" mais cette expression, qui devait être approuvée à l'unanimité, a été rejetée par plusieurs capitales dont Londres, Berlin et La Haye, selon des diplomates.

Finalement, les 25 ont retenu une formulation proposée par le Luxembourg qui appelle à "une cessation immédiate des hostilités qui sera suivie par un cessez-le-feu durable", selon le texte final de la déclaration commune publiée par la présidence finlandaise de l'UE.

Selon une source européenne, plusieurs Etats membres ont considéré que l'appel à un cessez-le-feu immédiat brûlait les étapes, les conditions politiques n'étant pas réunies.

"Nous sommes réalistes", a expliqué un diplomate français, en rappelant qu'Israël insistait sur le caractère durable d'un éventuel cessez-le-feu.

Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja, a refusé, devant la presse, de s'attarder sur la différence entre les deux expressions.

"La chose la plus importante, c'est que pour les gens qui vivent dans la région sous la menace actuelle des armes, que ce soit des roquettes du Hezbollah, de l'artillerie de l'armée israélienne ou de quoi que ce soit, cette menace sera levée. Il n'y aura plus de tirs, plus de tueries", a-t-il commenté.

"Quand nous parlons d'un cessez-le-feu durable, cela veut dire qu'il y aura aussi un accord politique à mettre sur pied avec les parties", a-t-il toutefois ajouté.

"La cessation des hostilités, c'est arrêter de faire la guerre entre les deux parties. Pendant ce temps, il faut conduire la négociation nécessaire pour arriver à un cessez-le-feu durable", a renchéri le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana.

Mardi, le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a lui-même exigé un changement de la situation militaire sur le terrain au Liban sud avant tout cessez-le-feu, assurant que l'offensive en cours de son pays avait atténué la menace du Hezbollah.

La réunion des ministres européens des Affaires étrangères, qui a duré trois heures et demie, a donné lieu "à une intense discussion", a reconnu la présidence finlandaise, qui s'est toutefois félicité que l'UE ait finalement réussi à dégager une position "commune".

"Il est important d'utiliser les mots et les concepts adéquats", a-t-il commenté. "Il n'y a pas de divisions au sein de l'Union européenne".

Son homologue français, Philippe Douste-Blazy, s'est lui aussi félicité que l'Union européenne ait su parler "d'une seule voix" en appelant mardi à une cessation immédiate des hostilités.

Dans leur déclaration commune, les 25 ont aussi "condamné les attaques du Hezbollah sur Israël" et "la mort de civils innocents, en particulier des femmes et des enfants, dans l'attaque israélienne du village libanais de Cana".

Ils déplorent aussi "la perte de vies civiles innocentes" et appellent "toutes les parties à faire tout leur possible pour protéger les populations civiles et éviter des actions qui violent le droit international".

(foto belga)

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