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L'Union européenne espère avoir son nouveau traité à la mi-2009

Dès le 23 juillet, le Portugal, qui succède à l'Allemagne à la tête de l'UE à la fin du mois, convoquera la conférence intergouvernementale (CIG) chargée de la rédaction du nouveau traité afin qu'il soit adopté lors du prochain sommet des 18 et 19 octobre à Lisbonne.

(afp) Grâce à l'accord arraché samedi à l'aube, l'UE espère sortir enfin de sa crise institutionnelle à la mi-2009, sur la base d'un traité reprenant l'essentiel de la Constitution, mais les marchandages ayant permis le compromis laissent un goût amer aux plus pro-Européens.

Comme pour la Constitution rejetée il y a deux ans par les Français et les Néerlandais, le traité devra être ensuite ratifié par tous les pays membres pour pouvoir entrer en vigueur "avant les élections au Parlement européen de juin 2009", selon l'objectif retenu.

Mais, cette fois-ci, il est "fort possible que nous ayons plus de chance", a estimé le chef de la diplomatie allemande Franck Walter Steinmeier, en considérant que la plupart des 27, dont la France, recouront à la voie parlementaire, jugé plus sûre que le référendum.

Seule l'Irlande doit obligatoirement passer par une consultation populaire.

"Je ne pense pas qu'il y ait quelque chose qui fera dérailler le processus désormais", a jugé le Premier ministre britannique Tony Blair, son successeur Gordon Brown ayant exclu un référendum risqué après avoir obtenu satisfaction sur l'essentiel de ses revendications.

Après deux ans d'incertitude sur la Constitution, et dix ans de débats sur le fonctionnement d'une UE élargie à l'ex-bloc communiste, les dirigeants européens sont soulagés de tourner enfin la page du débat institutionnel.

"Ce qui compte pour moi, c'est que nous sortons de la paralysie", a résumé la chancelière allemande Angela Merkel, qui avait pris le dossier à bras le corps au début de sa présidence.

"L'Europe s'est remise en marche, le mandat est clair et précis, les dates sont fixées et vous allez avoir une Europe avec des institutions", a assuré le président français Nicolas Sarkozy qui veut "que l'on parle très vite d'élargissement, d'immigration, d'énergie, de gouvernement économique".

"Cela nous donne la chance de nous concentrer sur des problèmes qui ont vraiment une importance pour les citoyens européens", selon Tony Blair.

Selon son mandat, la CIG devra "rédiger un traité modifiant les traités actuels en vue de renforcer l'efficacité et la légitimité démocratique de l'Union élargie et d'améliorer la cohérence de son action extérieure".

Selon un diplomate, la CIG sera avant tout une "réunion de juristes", étant donné l'extrême précision du mandat, où toutes les questions politiques ont été résolues par une pléthore d'annexes, de notes de bas de pages et autres protocoles.

Ces concessions faites aux eurosceptiques comme la Pologne (sur le nouveau système de vote), le Royaume-Uni (dérogation pour l'application de la Charte des droits fondamentaux et la participation à la coopération pénale) la République tchèque et les Pays-Bas (pas de mention des symboles et limitation des compétences de l'UE) ont laissé un goût amer aux plus "fédéralistes".

"La Constitution avait pour but d'être lisible pour tous. Le but de ce traité est, au contraire, d'être illisible", a déploré le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, suggérant de le nommer "Traité des notes de bas de pages".

Le chef du gouvernement italien Romano Prodi s'est dit attristé de "l'acharnement de certains gouvernements à nier tout aspect émotionnel de l'Europe".

"Comment fait-on pour impliquer les citoyens sans impliquer leurs émotions, comment fait-on pour leur donner la fierté d'être Européens si on leur refuse les symboles de cette fierté comme le drapeau et l'hymne", demande-t-il.

Photo EPA

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