La Commission déplore un manque de concurrence dans la banque de détail

Après avoir épinglé au printemps les profits "scandaleux" engrangés sur les cartes bancaires, la Commission européenne a déploré lundi le manque flagrant de concurrence dans le secteur européen de la banque de détail.

(afp) Selon les résultats de l'enquête lancée en juin 2005 par la commissaire à la Concurrence Neelie Kroes et présentés lundi, la concurrence ne fonctionne pas au mieux et les prix sont encore trop élevés.

Pour la commissaire, deux grandes questions se posent: "Premièrement, pourquoi est-il si difficile pour les banques de percer sur un nouveau marché en Europe?" et "deuxièmement, pourquoi est-il si rare que les consommateurs changent de banque?"

Si les résultats de l'enquête présentés lundi donnent de premières réponses, il faudra encore attendre de longs mois avant que la Commission ne sévisse.

Lundi, la Commission a regretté que "les marchés soient encore fragmentés" et demeurent très nationaux. Pour elle, il existe encore d'importants obstacles à l'arrivée de nouveaux entrants.

En outre, soulignent les services européens de la Concurrence, "consommateurs et PME rencontrent des difficultés à trouver des offres qui leur sont adaptées".

Pour Neelie Kroes, ils sont trop souvent freinés par des coûts dissuasifs lorsqu'ils souhaitent changer d'établissement.

Conséquence: la mobilité des clients est très limitée, voire même "inquiétante". Ainsi, les Européens conservent leur compte dans une même banque durant 10 ans en moyenne et durant 8 ans pour ce qui est des petites et moyennes entreprises.

"Cela signifie que les consommateurs européens ne mettent pas suffisamment de pression sur les banques pour les forcer à leur offrir de meilleurs services à un meilleur prix", a analysé la commissaire.

Autre dysfonctionnement pointé du doigt par Neelie Kroes: la grande diversité des tarifs des services bancaires.

Alors que les banques italiennes et luxembourgeoises ont enregistré en 2004 le plus gros revenu par compte courant (respectivement 204 et 265 euros), les établissements lituaniens et suédois ont affiché seulement 15 et 22 euros.

Côté rentabilité, les différences sont tout aussi flagrantes. Ainsi, tandis que l'Autriche et l'Allemagne ont dégagé en 2004 des bénéfices avant impôts représentant 11% et 17% de leurs revenus bruts en banque de détail, en Irlande, en France ou en Espagne, ces chiffres avoisinaient plutôt les 40%.

Par ailleurs, la commissaire a réitéré lundi ses avertissements à l'égard du secteur des cartes de paiement.

"Nos enquêtes montrent que les problèmes sur ce marché résultent d'un comportement anticoncurrentiel", a déclaré Neelie Kroes.

"Pour notre part, nous ne chômons pas et je suggère aux groupes de cartes bancaires de ne pas chômer non plus. Ceux qui travaillent dans cette industrie devraient continuer à examiner leurs pratiques et les améliorer là où ils le peuvent", a-t-elle encore mis en garde.

(photo: belga)

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