La conférence de crise de Rome échoue

La conférence internationale de Rome n'est pas parvenue mercredi à réclamer un cessez-le-feu immédiat dans le conflit du Liban, les Etats-Unis résistant fermement aux pressions de la plupart de leurs partenaires.

Condoleezza Rice et le Premier Ministre libanais Fuad Siniora - Photo Belga

Cette rencontre des ministres des Affaires étrangères d'une quinzaine de pays s'est finalement contentée d'un appel à "travailler immédiatement pour parvenir de toute urgence à un cessez-le-feu", une formule moins contraignante.

La déclaration finale, lue par le ministre italien des Affaires étrangères Massimo d'Alema, précise que ce cessez-le-feu doit être "durable, permanent et complet", alors que sur le terrain les combats se sont intensifiés.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice n'a pas caché l'hostilité de Washington, principal allié d'Israël, à la demande d'un arrêt immédiat des hostilités.

"Nous voulons tous de manière pressante mettre fin à la violence", a-t-elle dit, à condition que que ce soit "sur une base qui serait cette fois durable" car "cette région a connu trop de cessez-le-feu qui ont été rompus".

Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a souligné que Paris aurait préféré un appel à un cessez-le-feu "immédiat".

Le secrétaire-général de l'Onu, Kofi Annan, avait lui aussi appelé, à l'ouverture des travaux, à une "cessation immédiate des hostilités".

Au lendemain de la mort de quatre observateurs de l'Onu dans un bombardement israélien, la déclaration appelle l'Etat hébreu à exercer "la plus grande retenue" dans ses actions sur le terrain. Une minute de silence a été observée à la mémoire de ces quatre observateurs.

Les pays participants s'engagent également dans leur déclaration à aider le gouvernement libanais a faire face à la situation, et à acheminer une aide humanitaire immédiate. Ils se félicitent aussi de l'acceptation par Israël de l'acheminement de l'aide humanitaire vers le pays.

Le projet d'une force internationale au Liban, lancé il y a une dizaine de jours au sommet du G8 de Saint-Pétersbourg (Russie), a continué d'être discuté tout en restant encore très vague sur son mandat, sa composition ou ses délais de déploiement.

La conférence a exprimé son soutien au principe d'une "force internationale" sous le mandat de l'ONU pour aider l'armée libanaise à créer "un environnement sûr" au Liban sud.

Mme Rice a précisé que des "réunions multilatérales" sur l'établissement de cette force auraient lieu "au cours des prochains jours", pour discuter en particulier de son mandat.

Elle a également appelé la Syrie et l'Iran à changer de politique au Proche-Orient et au Liban en particulier. "Il est grand temps que chacun fasse un choix" sur son rôle au Proche-Orient, a-t-elle affirmé à l'égard de Damas et Téhéran, assurant que l'on "ne peut pas revenir au statu quo antérieur".

Cette réunion a rassemblé les ministres des Affaires étrangères de quatorze pays (Etats-Unis, Italie, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne, Grèce, Chypre, Canada, Russie, Turquie, Jordanie, Arabie saoudite, Egypte), et le premier ministre du Liban Fouad Siniora.

Outre l'ONU, l'Union européenne et la Banque mondiale étaient également représentées au titre des institutions internationales.

M. Siniora, qui a dû quitter Beyrouth dans un hélicoptère de l'ONU en raison du blocus israélien, pour participer à cette conférence, a lancé un vibrant appel en faveur de son pays. "La tuerie doit prendre fin! maintenant!" a-t-il déclaré.

Il a présenté un plan de retour à la paix prévoyant notamment un échange de prisonniers entre Israël et le Liban sous les auspices du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Il a aussi plaidé pour que des zones qui sont sources de tensions, comme les fermes de Chebaa, aux confins du Liban, de la Syrie et d'Israël, soient mises provisoirement sous "juridiction de l'ONU" par le Conseil de sécurité.

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés