La faiblesse des ventes de détail en février aux USA déçoit les analystes

Les ventes de détail aux Etats-Unis ont affiché une faiblesse inattendue en février, affectées à la fois par le mauvais temps et le ralentissement de l'immobilier résidentiel, ce qui devrait selon les analystes peser sur la croissance du premier semestre.Les ventes de détail ont progressé de 0,1% seulement par rapport à janvier et elles ont reculé de 0,1% hors secteur automobile, a annoncé mardi le département du Commerce.

(afp) Les analystes tablaient sur une hausse de 0,3% pour l'indice général comme pour l'indice hors automobile. La baisse de l'indice hors automobile est la plus forte depuis octobre."Alors que les opérateurs sont de plus en plus inquiets du rythme de la croissance, ce chiffre plus faible que prévu exacerbe les inquiétudes autour du ralentissement de l'économie américaine", ont réagi les analystes de Briefing.com.La Bourse de New York a ouvert en forte baisse mardi après ces chiffres, l'indice Dow Jones baissant de plus de 75 points (-0,6%) à l'ouverture.En janvier, les ventes de détail étaient restées stables et elles avaient progressé de 0,2% hors automobile (au lieu de 0,3%).Si l'on prend les chiffres hors automobile et hors essence, qui sont deux éléments très volatils, les ventes ont reculé de 0,3% en février, ce qui est la baisse la plus marquée depuis avril 2004.Les ventes automobiles ont augmenté de 0,9% (après -0,9% le mois précédent), et celles des stations-services ont progressé de 1,2% (après -0,5%).

La faiblesse enregistrée en février est préoccupante car les consommateurs sont le principal moteur de la croissance américaine."Nous continuons à tabler sur des chiffres de la consommation robustes au premier trimestre, mais le deuxième pourrait être vilain", a estimé Gina Martin du groupe Wachovia.Dans un rapport de conjoncture publié la semaine dernière, la banque centrale (Fed) avait fait état d'une "croissance constante des ventes de détail" depuis la mi-janvier, même si, dans certaines parties du pays, l'activité a été affectée par le mauvais temps.Mais "même si la faiblesse dé février peut en partie s'expliquer par la temps froid, elle reflète aussi une tendance à la baisse de la consommation", a souligné Marie-Pierre Ripert d'Ixis CIB.

Alors qu'en janvier la performance générale avait été plombée par l'automobile et l'essence, là c'est l'inverse qui s'est produit.Les secteurs liés à la maison ont souffert du ralentissement de l'immobilier: les ventes ont baissé de 1,7% dans les magasins d'ameublement (après +3,3%), de 0,3% dans ceux d'électronique et d'électroménager (après -2,6%) et de 1,4% dans ceux de bricolage et de jardinage (après -0,2%).Mais de fortes baisses des ventes ont également été enregistrées dans les boutiques d'habillement (-1,8% après +2,5%) et dans les magasins de sport et de loisirs (-0,8% après +0,8%), deux secteurs où la performance de janvier avait été soutenue par l'utilisation de bons-cadeaux reçus pour les fêtes."Le secteur de l'habillement est sans doute celui qui a le plus souffert du mauvais temps", estime Mme Martin.Le chiffre d'affaires a également reculé dans les grandes surfaces (-0,6% après +1,1%) et dans les cafés restaurants (-1,2%, baisse la plus forte depuis septembre 2003, après -1,1% déjà en janvier).Pour la Fed, ces chiffres devraient être une incitation à baisser ses taux d'ici à la mi-2007, estime Stephen Gallagher de la Société Générale à New York.

"La Fed devrait être poussée à baisser ses taux par précaution du fait des signes que l'économie tourne en sous-régime, d'une chute durable de l'inflation de base et des risques que posent l'immobilier résidentiel et le secteur automobile", ajoute-t-il.De son côté, le Conseil international des centres commerciaux (ICSC) a indiqué que les ventes hebdomadaires des chaînes de magasins avaient légèrement rebondi de 0,7% lors de la semaine close le 10 mars.

Photo belga

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