La livre plonge après le résultat incertain des élections

Les marchés sont inquiets de voir que, quel que soit le gouvernement qui émergera, il ne sera pas en position assez forte pour remettre au pas les finances publiques.

(AFP) - La livre était en chute libre et la Bourse de Londres n'était pas attendue en meilleure forme vendredi, alors qu'aucun parti n'a gagné de majorité absolue aux élections législatives britanniques, une incertitude économique de plus, malvenue dans le contexte d'inquiétude actuel.
"Plus les discussions politiques traîneront, plus les marchés financiers devraient devenir nerveux, ce qui devrait affaiblir encore un peu plus et la livre et les actions britanniques", anticipait Ben Potter d'IG Markets.


La livre a suivi de près le dépouillement, qui se poursuivait encore vers 07h00 GMT. Plongeant à 21h00 GMT après de premières évaluations montrant un parlement "suspendu", c'est-à-dire sans majorité absolue, elle se reprenait un peu ensuite, avant de replonger à l'aube avec le lever des courtiers, chutant vers 05H30 GMT à un plus bas depuis le 28 avril 2009 à 1,4597 dollar.
Alors que la majorité absolue est de 326 sièges, la BBC estimait à cette heure-là que les conservateurs auraient 308 sièges, les travaillistes 260 et les libéraux-démocrates 59, les autres partis en réunissant 23.
Un tel résultat signifierait, non seulement que personne n'avait la majorité absolue, mais de surcroît qu'aucune alliance entre les Conservateurs et les Unionistes d'Irlande du Nord, ou entre les travaillistes et les libéraux-démocrates, n'aurait cette majorité absolue non plus.
"Les marchés sont visiblement inquiets de voir que, quel que soit le gouvernement qui émergera, il ne sera pas en position assez forte pour remettre au pas les finances publiques", expliquait Howard Archer d'IHS Global Insight. "Plus longtemps les tractations dureront, plus un accord sera perçu comme fragile et plus la livre, les obligations et les actions devraient souffrir", pronostiquait-il.


Le rendement des obligations d'Etat britanniques à 10 ans se tendaient jeudi matin à 3,863% contre 3,799% la veille.
Alors que le pays a désormais le plus gros déficit public des grands pays d'Europe, avec 12% du PIB cette année et 10% du PIB l'an prochain pronostiqués par la Commission européenne, des choix budgétaires particulièrement difficiles devront de toute façon être faits par le prochain gouvernement.
Et les marchés en ont assez d'attendre, d'autant que les deux principaux partis ont une approche différente de la réduction du déficit, même s'ils la jugent tous nécessaire de toute façon : les conservateurs veulent "se retrousser les manches" le plus vite possible "pour mettre de l'ordre dans la pagaille", tandis que les travaillistes ne veulent rien brusquer avant l'an prochain, "pour ne pas compromettre la reprise".


Le Footsie-100, l'indice vedette de la place londonienne, était de son côté attendu en nouvelle forte baisse à l'ouverture des échanges à 07h00 GMT. IG Index le voyait reculer de 115 points à l'ouverture, à 5.145 points, ce qui serait un plus bas depuis le 15 février.
Cependant, observait Joshua Raymond de City Index, "l'incertitude que fait peser un parlement suspendu sur l'avenir du pays n'incitera certes pas les investisseurs à la confiance, mais devrait avoir plus d'effet sur la livre que sur les actions".
Et si la Bourse de Londres ouvre "avec une gueule de bois", prévoyait Ben Potter, ce sera, outre l'incertitude politique, en raison des incertitudes très fortes qui pèsent sur la Grèce et du risque de contagion à d'autres pays de la zone euro.

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