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La lune de miel entre Obama et l'Europe durera-t-elle?

©AFP

Mais le Vieux Continent doit s'attendre en retour à être sollicité par le nouveau locataire de la Maison blanche, qui s'est dit résolu à rétablir le leadership des Etats-Unis sur la scène internationale.

WASHINGTON, 26 mars (Reuters) - L'Europe, où Barack Obama se rend la semaine prochaine, pour la première fois depuis sa prise de fonctions, attend beaucoup du nouveau président américain, qui ne l'a pas déçue - pour le moment.

Mais le Vieux Continent doit s'attendre en retour à être sollicité par le nouveau locataire de la Maison blanche, qui s'est dit résolu à rétablir le leadership des Etats-Unis sur la scène internationale.

Encensé comme l'antithèse du "cow-boy" George Bush durant sa tournée européenne l'an dernier en tant que candidat démocrate à la présidence, l'ancien sénateur métis de l'Illinois y retourne cette fois en tant que chef de la première puissance mondiale.

Il doit prendre part successivement à Londres à la réunion des chefs d'Etat des pays du G20 consacré à la crise mondiale, à Prague au sommet euro-américain et, enfin, à un sommet de l'Otan à Strasbourg et Kehl.

Après avoir séduit la "Vieille Europe" en fermant le camp de détention de Guantanamo, s'être engagé dans la lutte contre le réchauffement climatique et avoir tourné le dos à la diplomatie abrupte de son prédécesseur, le président américain attend à un "renvoi d'ascenseur" de ses partenaires transatlantiques.

ECOUTE ET DIALOGUE

Il ne peut se permettre de revenir de sa tournée les mains vides, estiment les analystes. Mais il reste à voir si Obama saura convertir sa popularité de rock-star en stature mondiale d'homme d'Etat et en gains diplomatiques concrets.

Les Américains, qui désespèrent déjà de sa stratégie de sortie de la crise économique et financière, attendent d'Obama qu'il raccommode les relations entre Etats-Unis et le reste du monde, qui se sont gravement détériorées sous les deux mandats présidentiels de Bush.

Les Européens, qui dénonçaient une politique étrangère unilatérale de la part de l'ancien président incarnée par l'invasion de l'Irak, se réjouissent de l'approche multilatérale de son successeur, notamment de sa disponibilité à dialoguer avec l'Iran.

Lors de ses tête-à-tête avec les dirigeants mondiaux, Obama confirmera que son administration est mieux disposée que la précédente à écouter, mais il fera aussi savoir, notamment aux alliés, qu'il attend plus d'eux sur un certain nombre de fronts allant de la crise financière à l'Afghanistan.

Londres, sa première étape pour le sommet du G20, pourrait fournir des indices sur la longévité de la lune de miel entre les Etats-Unis d'Obama et leurs partenaires européens, qui se débattent eux-mêmes dans la crise.

"PAS DE NOSTALGIE POUR BUSH"

D'ores et déjà, un affrontement s'esquisse entre Washington, qui prône une relance de l'économie mondiale par la dépense publique et les capitales européennes qui accordent, elles, la priorité à la régulation du système financier international.

Afin de ne pas gâcher les premiers pas d'Obama sur la scène internationale et de ne pas rajouter à la nervosité des marchés financiers, il est probable que les dirigeants du G20 concluront leur réunion en masquant leurs divergences

En marge du sommet de Londres, les rencontres bilatérales qu'aura Obama avec ses homologues chinois Hu Jintao et russe Dmitri Medvedev donneront le nouveau ton des relations des Etats-Unis avec ces deux autres puissances mondiales, souvent défiantes sous le règne de Bush.

On s'attend aussi à des discussions intenses au sommet de l'Otan au sujet de l'Afghanistan, où Obama s'apprête à envoyer 17.000 hommes en renfort pour contrecarrer l'insurrection des taliban, et où il voudrait que les alliés s'engagent plus franchement alors qu'ils y sont réticents.

Mais en dépit de ces divergences, Obama devrait recevoir un accueil chaleureux, notamment à Prague, siège de la présidence tournante d'une Union européenne où l'ascension irrésistible du premier candidat noir à la Maison blanche a séduit l'imagination des opinions.

Quoi qu'il en soit, le périple d'Obama, dont l'étape finale sera la Turquie, pour honorer sa promesse électorale de visiter rapidement un pays musulman, tournera définitivement la page de l'ère Bush.

"Il ne faut pas s'attendre durant ce voyage à de la nostalgie pour Bush", conclut Charles Kupchan, spécialiste des questions diplomatiques à l'université de Gerogetown.

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