La Turquie suspend ses négociations avec GDF sur le gazoduc de Nabucco

Les autorités turques ont suspendu les négociations avec le groupe français Gaz de France (GDF) sur sa participation au projet de gazoduc Nabucco en riposte à la position de la France sur le génocide arménien sous l'empire ottoman, a rapporté jeudi l'agence turque Anatolie.

(afp) La France n'a "aucune confirmation" de la part d'Ankara sur la suspension des négociations avec le GDF sur sa participation au projet Nabucco, a indiqué jeudi le ministère français des Affaires étrangères.

"Nous n'avons aucune confirmation en ce sens de la part des autorités turques", a déclaré le porte-parole du ministère, Jean-Baptiste Mattéi, indiquant avoir "pris connaissance" des informations de presse à ce sujet.

La Turquie, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie et l'Autriche sont à la recherche d'un sixième partenaire pour ce projet.

Le mois dernier, des informations de presse évoquaient des négociations pour l'entrée de GDF dans le projet, estimé à environ 6 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros).

Botas, la compagnie d'Etat turque de pétrole et de gaz, l'une des participantes au consortium Nabucco, ainsi que le ministère de l'Energie, interrogés par l'AFP, ont décliné de commenter.

Selon Anatolie, la compagnie autrichienne OMV , la hongroise MOL, la bulgare Bulgargaz et la roumaine Transgaz ont donné leur aval pour une participation de GDF au projet, mais Botas s'y est opposé en réaction à la position de la France sur le génocide arménien.

Le but du projet est de construire d'ici 2012 un gazoduc de 3.300 km afin d'approvisionner l'Europe occidentale en gaz de la Caspienne en contournant la Russie.

La Turquie avait vivement réagi à l'adoption en octobre par l'Assemblée nationale française d'une proposition de loi réprimant la négation du génocide arménien. Ce texte doit encore être voté par le Sénat puis passer en deuxième lecture devant les députés avant d'entrer en vigueur.

L'armée turque a déjà déclaré avoir gelé sa coopération militaire avec la France.

Les massacres et déportations d'Arméniens entre 1915 et 1917 dans l'Empire ottoman ont fait plus de 1,5 million de morts selon les Arméniens, 250.000 à 500.000 selon la Turquie, qui récuse la notion de génocide reconnue notamment par la France, le Canada et le Parlement européen.

Photo belga

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