La zone euro cherche à endiguer une crise sans précédent

Les dirigeants de la zone euro comptent promettre vendredi de durcir leur discipline budgétaire et envisagent la création d'un fonds pour protéger leurs pays, dans l'espoir de stopper la contagion d'une crise qui menace les fondements de l'Union monétaire.

(AFP) - Lors d'un sommet à Bruxelles, qui a débuté vers 20H25 (18H25 GMT), les chefs d'Etats et de gouvernements ont l'intention d'"affirmer leur volonté de remplir leurs engagements en matière de réduction des déficits cette année et les années suivantes", y compris en "prenant des mesures additionnelles si nécessaire", a indiqué à l'AFP une source diplomatique européenne.

Il faut s'engager à faire en sorte "que la Grèce ne soit pas la seule à réduire ses déficits mais que nous oeuvrions tous afin que le Pacte de stabilité et de croissance soit rapidement à nouveau respecté", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel à Bruxelles.

Cette promesse vise à calmer les marchés financiers qui s'inquiètent de l'ampleur des déficits et de la dette publique dans de nombreux pays de la zone euro.
Après la Grèce, l'Espagne, le Portugal et depuis vendredi l'Italie se retrouvent dans le collimateur des marchés, qui craignent que la crise budgétaire se propage.

"Nous allons réaffirmer notre confiance dans nos économies et dans notre monnaie commune", a souligné le Premier ministre grec Georges Papandréou, estimant qu'il s'agissait d'un "message très important".

Les dirigeants de la zone euro vont formaliser l'accord obtenu sur le plan de sauvetage sans précédent de la Grèce, de 110 milliards d'euros sur trois ans avec le FMI. ce qui était attendu.

Mais ils discutent aussi d'un mécanisme pérenne à mettre en place rapidement pour défendre leur monnaie et leurs pays membres, qui pourrait inclure la participation de la Commission européenne - sous forme d'emprunts à auteur de 70 milliards d'euros - et de la Banque centrale européenne, selon plusieurs sources diplomatiques.

Il n'est pas certain toutefois qu'ils parviennent à se mettre d'accord vendredi soir sur tous les détails, selon des sources diplomatiques. Certains pays veulent des mesures fortes, d'autres prônent une attitude plus prudence.

Les marchés doutent de la capacité d'un certain nombre d'Etats à revenir dans les clous du Pacte de stabilité européen, qui limite en principe le déficit public des pays à 3% du PIB. Ce seuil est très largement dépassé en raison de la crise économique et financière.

Face à la tourmente, les dirigeants doivent aussi s'engager à renforcer leurs règles de surveillance budgétaire, qui ont failli avec la Grèce.
"Il faut se montrer déterminé (...) à renforcer le Pacte de stabilité" de l'Union européenne, "y compris via d'éventuels modifications du traité" européen, a souligné Mme Merkel.

L'Allemagne est notamment en faveur de nouvelles sanctions contre les pays trop laxistes, comme la suspension du droit de vote lors des réunions de l'UE ou la privation de certaines subventions européennes.

Tous les Etats ne sont cependant pas d'accord. Le chancelier autrichien Werner Faymann a exprimé son scepticisme à l'égard de l'idée de priver des pays de droits de vote dans l'UE.

Le sommet devrait aussi insister sur le besoin d'améliorer la coordination des politiques économiques dans la zone euro.
Enfin les seize chefs d'Etat et de gouvernement vont affirmer leur détermination à "avancer rapidement sur la régulation et la supervision des marchés financiers", selon le projet de déclaration.

Ils entendent enfin insister sur la création d'"une agence de notation européenne", alors que les organismes américains sont accusés par l'Europe de jeter de l'huile sur le feu.

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