Le bilan du drame de Cana revu à la baisse

Quatre jours après le drame, le bilan des victimes du bombardement israélien de Cana, au Liban sud, a été révisé à la baisse, et les officiels attribuent à la panique qui régnait alors dans le village cette confusion dans les chiffres.

(afp) "Nous avons cru d'abord qu'il y avait 63 personnes dans le même abri, mais il s'est avéré que les habitants s'étaient divisés en deux groupes", a expliqué jeudi à l'AFP Salam Daher, chef de la défense civile pour la région de Tyr.

"Dans une cave se trouvaient les hommes et dans l'autre les femmes et les enfants: c'est cette dernière qui a été touchée par des bombes", a-t-il ajouté.

Selon les responsables de l'hôpital de Tyr, les bombardements israéliens ont fait 28 morts, dont 16 enfants, contre une cinquantaine annoncée précédemment.

"28 personnes sont confirmées mortes, dont 16 enfants, et neuf autres blessées", ont indiqué des responsables de l'hôpital gouvernemental de Tyr où toutes les victimes ont été transportées.

"Une enquête préliminaire de l'ONG basée à New York Human Rights Watch (HWR) sur le bombardement aérien le 30 juillet du village de Cana a montré que 28 personnes, dont 16 enfants, ont été confirmées mortes jusqu'à présent", a également indiqué l'ONG américaine.

Un bilan initial de la Défense civile libanaise, publié dimanche avait fait état d'une cinquantaine de morts lors du bombardement qui avait détruit un abri où étaient entassées des dizaines de personnes.

Selon HWR, "l'estimation initiale de 54 tués était basée sur un registre faisant état de 63 personnes réfugiées dans le sous-sol de l'immeuble bombardé, les secours n'ayant recensé que 9 survivants".

Or, "il apparaît maintenant qu'au moins 22 personnes ont fui le sous-sol, et que 28 sont effectivement décédées, selon les registres de la Croix-Rouge libanaise et l'hôpital gouvernemental de Tyr", ajoute le rapport de HWR.

"Treize personnes restent manquantes, et des habitants de Cana craignent qu'elles ne soient ensevelies sous les décombres, bien que les recherches des secouristes soient terminées", souligne-t-il.

"Les morts de Cana sont le résultat prévisible de la campagne israélienne de bombardements aveugles du Liban. Seule une enquête internationale impartiale est susceptible de montrer ce qui s'est réellement passé", a affirmé Sarah Leah Whitson, directrice du département Moyen-Orient et Afrique du Nord de HWR.

Le ministre libanais des Affaires étrangères par intérim, Tarek Mitri, a demandé lundi devant le Conseil de sécurité de l'Onu l'ouverture d'une enquête internationale sur le drame de Cana.

L'armée israélienne a affirmé dans son rapport d'enquête publié jeudi ne pas avoir su qu'il y avait des civils dans le secteur touché.

"Tsahal a opéré en fonction d'informations selon lesquelles le bâtiment n'était pas habité par des civils et était utilisé comme cache par des terroristes", affirme le rapport d'enquête transmis au ministre de la Défense, Amir Peretz et dont un résumé a été rendu public.

"Si nous avions eu des informations indiquant que des civils se trouvaient dans le bâtiment, l'attaque n'aurait pas eu lieu", précise le texte.

Le rapport souligne que les habitants du village avaient été avertis de l'imminence de l'attaque par l'armée de l'air israélienne qui les a enjoint de quitter leur domicile.

Le rapport indique par ailleurs que deux missiles ont été tirés par l'aviation israélienne, le premier ayant explosé et le second ne fonctionnant pas.

Le document fait en outre valoir que depuis le début du conflit, le 12 juillet, plus de 150 roquettes ont été tirées par le Hezbollah de Cana et ses environs, en direction du nord d'Israël.

Le chef d'état-major, toujours selon le rapport, a donné ordre d'examiner et de rafraîchir immédiatement les consignes d'ouverture de feu contre des cibles suspectes.

(photo: belga)

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés