Le chef du Hezbollah menace de frapper Tel Aviv

Le chef du parti chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, a haussé le ton jeudi, menaçant de frapper Tel Aviv si Beyrouth était bombardée, s'attirant une mise en garde israélienne immédiate avec un anéantissement des infrastructures du Liban.

(afp) Le chef du "Parti de Dieu", s'exprimant dans une déclaration à la télévision, a également assuré que l'armée israélienne n'avait atteint aucun de ses objectifs au Liban sud depuis le début de son offensive le 12 juillet.

"Vous n'avez pas d'autre choix que d'accepter un règlement politique", a-t-il assuré.

"Si vous bombardez notre capitale, nous bombarderons la capitale de votre entité aggressive", a-t-il dit, dans une allusion à Tel Aviv, dans un message diffusé par les principales chaînes libanaises.

Faisant explicitement référence aux déclarations du chef d'état-major israélien Dan Haloutz, qui a menacé mercredi la région de Beyrouth de nouveaux raids, le chef du Hezbollah a déclaré : "Tout le territoire libanais est déjà la cible de bombardements israéliens, mais cette menace vise la capitale du Liban".

La télévision publique israélienne, citant un haut responsable militaire non identifié, a rapporté qu'Israël anéantira toutes les infrastructures du Liban si Tel Aviv est touchée par une attaque du Hezbollah. La télévision n'a pas donné d'autre précisions, se bornant à indiquer que le haut responsable répondait ainsi aux menaces de Nasrallah.

"La résistance islamique est capable de frapper avec la force et la profondeur nécessaire et au moment où il le faudra", a déclaré Nasrallah, qui s'était engagé le 29 juillet dans sa dernière intervention télévisée à viser le centre de l'Etat hébreu si davantage de civils libanais étaient tués.

Mercredi, le Hezbollah a réussi à toucher une localité située à plus de soixante kilomètres de la frontière avec le Liban, la cible la plus éloignée jamais atteinte par une roquette depuis le début du conflit.

Jeudi, plus de 130 roquettes se sont abattues le long de la frontière, faisant huit morts. La veille, 230 projectiles, un nombre record, ont atteint le nord d'Israël, après plus de trois semaines de campagne militaire censée neutraliser les lanceurs du Hezbollah.

"Si vous arrêtez de bombarder nos villages, nous ne frapperons pas vos colonies. Nous préférons l'affrontement entre soldats, sur le champ de bataille", a assuré Nasrallah, accusant Tsahal de ne bombarder que "des civils".

"Les moujahidine combattent en hommes déterminés et prêts au sacrifice. Ceci a constitué une surprise pour l'adversaire", a estimé Nasrallah.

Le président américain George W. "Bush est responsable de tout ce qui se passe depuis le début de l'offensive israélienne", a-t-il encore affirmé, estimant que les Israéliens n'étaient que "les instruments" de la politique américaine.

"Je dis aux Libanais: +n'oubliez pas que c'est cela l'administration américaine qui se dit l'amie du Liban (...) qui dit vouloir que le Liban soit un exemple au Moyen Orient+. Le Liban ne sera ni américain, ni israélien, ni un point d'ancrage pour ce que souhaite Bush", a assuré le chef du Hezbollah.

Hassan Nasrallah a exigé la libération immédiate de cinq Libanais capturés mercredi par un commando d'élite israélien à Baalbeck (est), qu'il a qualifiés de civils pris en "otages".

"Il faut les libérer inconditionnellement avant tout échange de prisonniers", a-t-il ajouté.

Un commando héliporté a capturé cinq personnes dans ce fief du Hezbollah pour apparemment avoir une monnaie d'échange afin de récupérer ses deux soldats capturés le 12 juillet sur la frontière avec le Liban

(photo bloomberg)

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