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Le FMI face en mission délicate en Grèce

Un drapeau grec devant le Parlement à Athènes.

Le Fonds monétaire international a dépêché une nouvelle mission en Grèce ce mercredi. Il y sera question de l'éventualité de l'octroi d'un prêt du FMI. Les discussions ne seront pas aisées à cet égard tant la marge de manoeuvre de la Grèce semble étroite pour satisfaire aux conditions généralement imposées par l'institution internationale.

(AFP) Des experts du Fonds monétaire international (FMI) ont entamé mercredi à Athènes une mission de deux semaines pour aider ce pays à sortir de la crise financière dans laquelle il se débat depuis des mois sans parvenir à apaiser les craintes des marchés.

Effectuée dans le cadre du suivi régulier de l'économie du pays depuis décembre dernier, la mission du FMI vise à aider "techniquement" Athènes à la gestion des recettes et des dépenses budgétaires afin de pouvoir ramener son déficit à 8,7% en 2010, contre 12,9% en 2009, selon le ministère grec des Finances.

Cependant l'arrivée d'une dizaine d'experts du FMI dans la capitale grecque a ravivé les inquiétudes des marchés sur la capacité du pays à payer sa dette, à 113% du Produit intérieur brut (300 milliards d'euros).

Ainsi, l'euro continuait à baisser mercredi à la mi-journée, à 1,338 dollars contre 1,339 mardi, jour qui avait plongé à un plus bas depuis le 26 mars, à 1,33 dollar contre 1,35 dollar la semaine dernière.

Pour Stuart Bennett, analyste du Crédit agricole, l'euro est menacé par la situation en Grèce, qui fait face à une énorme dette, des intérêts très élevés et des rumeurs des marchés.

Selon ces rumeurs, l'éventualité d'un recours de la Grèce à un prêt de l'institution internationale est toujours envisagée depuis un accord le 25 mars entre les deux premières économies de la zone euro, la France et l'Allemagne.

Ce plan d'aide, très attendu par la communauté financière, est censé permettre à la Grèce de pouvoir emprunter, en dernier ressort, auprès des autres pays européens et du FMI.

Le différentiel entre l'emprunt grec et l'emprunt allemand (spread), qui est la référence sur le marché obligataire européen, a atteint mardi un plus haut depuis fin janvier, à 7% pour les obligations grecques à 10 ans. En clair, la Grèce doit aujourd'hui payer deux fois plus cher que l'Allemagne pour emprunter sur les marchés, sans que la situation ne s'améliore, bien au contraire.

"La situation est très critique" et les rumeurs "pèsent considérablement" sur les obligations grecques, ont estimé les analystes de la BNP Paribas à Londres. De même, "la hausse importante du +spread+ provoque des inquiétudes sur le coût de la dette grecque", soulignent-ils.

Toutefois, le ministère grec des Finances tenait mercredi à démentir tout recours au FMI pour le moment.

"Les experts sont là pour assister techniquement le gouvernement grec sur le domaine des recettes et veiller à l'application stricte du projet de loi contre l'évasion fiscale", qui doit être adopté d'ici la semaine prochaine par le Parlement, a indiqué une source ministérielle ayant acquis l'anonymat.

Le FMI, doit également assurer "la gestion des dépenses, c'est-à-dire la transparence, le contrôle et le suivi du budget d'Etat", selon la même source, afin de ramener le déficit à 8,7% du Produit intérieur brut (PIB) en 2010, contre 12,9% en 2009.

Une première mission du FMI en février, concrétisant la mise sous tutelle croisée du pays décidée par l'Union Européenne, avait débouché début mars sur un durcissement des mesures de rigueur.

Le ministre grec des finances, Georges Papaconstantinou, a reconnu mardi que le déficit public serait révisé à la hausse pour 2009, à 12,9% contre 12,7% initialement, en raison de la contraction du PIB de 2% contre 1,2% prévu au début de l'année dernière.

Toutefois, cela ne devrait pas affecter les prévisions pour le budget 2010, a assuré le ministre.

La presse économique grecque de mercredi a évoqué pour sa part un déficit budgétaire 2009 pouvant atteindre 13,5%, selon l'édition en ligne du quotidien Imerisia, voire 14,2% à 14,3% selon le journal Naftemboriki.

Imerisia a indiqué que le chiffre définitif serait annoncé par Eurostat le 22 avril.

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